AUX ROIS
Quoi! Pasteurs revêtus dc^ alliiliul^ suprêmes, Vous allez à la mort vou> oCirir de vous-mêmes ! El, |)ar un sIralaLîèiiio inconnu jusqu'à vous. Pour sauver le bi^Tcail, ouvrir la porte aux loups '.
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Si c'est là votie vœu, (jue le ciel l'accomplisse!
(^iir c'est i)cut-ètre aussi le vœu de sa justice,
Qui ne peut rien souli'iir d'inutile ici-lias,
Lt coupe les rameaux ([ui ne produisent pas.
Depuis longtemps, d'ailleurs, infidèle à sou rôle,
Li pourpre à tous les yeux moulait sur votre épaule.
F']h ! bien soit; aux plus forts livrons les grands chemins,
Sous les faits accomplis abritons les mandrins.
Kl vous pensez que Dieu vous a mis sur la terre
Pour vous croiser les bras et pour regarder faire .'
Qui n'est prêt à mourir ne peut longtemps régner,
Et la force se perd qui veut trop s'épargner.
Eli! n'eiitendez-voiis pas la horde sanguinaire,
Complice de celui que vous tenez pour frère,
De son Harmodius célébrer le couteau,
Et d'un laurier infâme honorer son tombeau?
Elle nous crie à nous : « Est-ce assez de mécompte ?
Vos rois ont épuisé la coupe de la honte.
Et voulez-vous eiicoi' combattre pour des dieux
(Jui ]irélèrent la boue à la hauteur des cieux!
0 Uois, réflécliissez et rentrez eu \ous-mémes! Qu'un démenti brûlant tombe sur ces blasphèmes Enfant, dans ma fluiiille on m-a dit bien des lois, Que Dieu sur votre front avait posé ses doigts ;
LLTIHES DE JEAN REBOTL
Ne vous cloimez pas de l'accent de ma peine : C'est le cri de l'aluinic el non pas de ia liaine. Les peuples de l'Europe, en leur lit de douleurs, Se tournent sans jamais trouver séjours meilleurs. Puisse un remords, passant à travers voire rèvc. Vous dire (|ue d'cMi haut votre pouvoir relève, (}uc siu' votre couroime ou voit hriller la croix. Vous montrer vos devoirs et vous réveiller rois !
El qu'on ne dise pas que, prophète pour rire. J'exagère l'orgie afin de la maudire; Jamais plus éclatant et plus audacieux, Le mal pour s'alfirmcr n'a pu crever les \eux. Jamais, sans le secours du manteau de Cassandre, L'esprit, sur l'avenir, n'a pu moins se méprendre; Ni moins couibudre, en proie à tout ce qu'il pre^seut, Les parfums d'une fête et la vapeur du sang.
Ali ! si les nations, d'a|)rès le divin livre, Peuvent, près de leur lin, se guérir et revivre, Ramassez, pour répondre à cette auguste lin, Ce qui peut vous rester du baptême divin !
314 LETTUES DK JKAN REBOUL
N'clcs-vous pas (les iils de scinde et forte rnce? Hcgardez vos aïeux dont vous voilez la lace; Et pour défendre encor ce qu'ils ont défendu, Commencez le combat si longtemps attendu; Que si vous ne pouviez triompher des lénèbres, Ne vous dérobez pas à des lauriers funclires ; Vaincus, levez la tête, et plus haut tjue le sorl. Sachez mourir en rois pour régner dans la mort. Le Dieu qui s'immola sourit au sacrifice, Et féconde le sang versé pour la justice ! Voire droit renaîtrait de vos derniers soupirs. Car l'autel est sauvé quand il a des martyrs!
LETTP. E C\.\.\V111
iNimes, 21 novembre 186'i
Mon cher ami,
Le démon de la propriété ne lient pas encore si fortement mon âme, que je ne puisse voir à côté de moi, un petit lopin de terrain, sans être trop affligé de ne pouvoir le joindre au mazel. Ce que j'ai me suffit ; il l'ait ma joie et celle de ma famille. Nous y allons passer ordinairement le dimanche. Jo n'y vais jamais sans