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XIV PRÉFACE

prudence que lui donnèrent alors ses maîtres. Il se décida enfin pour la littérature, qui lui offrait un terrain moins semé d'embûches, et qui d'ailleurs lui permettrait de toucher à tous les sujets : il suffisait de l'entendre en un sens un peu large et de ne pas s'enfermer dans des cadres à la Nisard. Il fut donc professeur de lettres, et il aima ses fonctions de toute son âme. Il en avait vraiment la vocation. Deux curieuses lettres à son jeune frère, écrites de l'Ecole Normale, sont d'excellentes et charmantes leçons, l'une de morale, l'autre de littérature. Dans la première, il essaie de lui faire comprendre ce que c'est qu'une vocation^véritable, pour le détourner de toute résolution hâtive ; dans la seconde, il lui explique ce que c'est que la poésie , et il ne craint pas , pour se faire mieux comprendre, de copier de longs morceaux de Molière, de Chateaubriand, de Boileau, de Bossuet, ■ de Chénier, de Voltaire, de Descartes, de Lamartine, d'autres encore, qu'il commente avec un goût très sûr et une patience inlassable. Il a vraiment déjà la première vertu et le premier talent du professeur, qui est de vouloir à tout prix donner un aliment sain à la pensée de son auditoire, et de ne reculer devant aucun effort pour lui présenter les idées les plus justes et les plus élevées sous la forme la plus simple et la plus saisissable. Et notez que ce professeur a vingt ans ! — Trois ans plus

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