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PRÉFACE. XV

tard, à Dijon, il se trouve en face d'un de ces problèmes délicats qui tourmentent parfois la conscience d'un professeur soucieux de son devoir. De braves gens s'imposent de grands sacrifices pour assurer à leur fils le bénéfice de l'enseignement secondaire. L'enfant est médiocre et réussit mal. La mère, désolée, humiliée dans sa vanité maternelle (car elle compare l'insuccès de son fils au succès d'un camarade dont les parents sont à peu près dans la même situation), vient trouver le jeune professeur et lui conte tout au long son chagrin. Le récit, par parenthèse, est délicieux. Le professeur ne veut ni rebuter la pauvre femme ni lui laisser trop d'illusions. Avec une exquise finesse, où la bonté a autant de part que l'esprit, il la ramène doucement à la réalité, lui montre ce qui est possible, le but que son fils peut atteindre, et la renvoie à peu près consolée. Ajoutons qu'il donnera gratuitement, à ce pauvre garçon, quelques leçons supplémentaires. Voilà certainement un charmant exemple de ce que j'appelais la première vertu du professeur, un dévouement sans étalage, accompagné d'un bon sens judicieux. Un professeur qui comprend ainsi son rôle tient du médecin et du confesseur : il dirige, il encourage et il console.

Eugène Manuel, fin psychologue, se connaissait lui-même à merveille, et il est revenu à plusieurs reprises sur la nature exacte du talent qu'il sentait

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