‹ Lettres de jeunesseChapitre 18 sur 60 · INTRODUCTION. XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIII

Manuel s'était, pour ainsi dire, institué le guide et l'éducateur de son frère et de sa sœur, le conseiller de son ami Laurent-Pichat. Il leur propose des sujets de lettres, à titre d'exercice littéraire et intellectuel; il s'en impose à lui-même d'autres, pour s'obliger à réfléchir et pour fixer ses propres idées. De Dijon, de Grenoble, de Tours, il dirige encore sa famille, et Ton verra, en parcourant ce volume, qu'au point de vue politique en particulier, il cherche en vain, en termes respectueux et atténués, à faire partager à son père l'ardeur de ses convictions républicaines. Le temps de la maturité, de la vieillesse même, est venu pour les siens; il ne songe plus à morigéner; ce sont des impressions sentimentales, des réflexions sur les hommes et sur les choses qu'il communique à ceux qu'il aime.

Eugène Manuel avait désigné pour la publication éventuelle de ses manuscrits MM. Albert Cahen et Lévy-Wogue. On sait avec quel talent M. Albert Cahen s'est acquitté de sa tâche, en présentant au public lin volume de Mélanges en prose, choix, ingénieusement fait, des discours, des articles, des rapports les plus remarquables du regretté inspecteur général. M. Paul Carcassonne, lettré délicat, s'est chargé d'écarter, comme représentant de la famille de l'auteur, tout ce qui, dans cette correspondance, offrait un caractère de trop grande intimité. Ces éliminations faites, nous nous trouvions en présence de liasses de lettres assez nombreuses pour fournir la matière de plusieurs volumes.

Pour le moment, nous. avons cru devoir nous

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