‹ Lettres de jeunesseChapitre 19 sur 60 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

borner à la période de jeunesse. Toutes les aspiralions, toutes les tendances d'Eugène Manuel se trouvent représentées dans les lettres de cette époque. Ce sont les mêmes sentiments auxquels il reviendra dans la suite, mais avec plus de légèreté, se contentant d'indications, au lieu de se laisser aller, comme il le fait à ses débuts, à développer amplement ses idées. Ce qui constitue l'admirable unité de cette vie d'honnête homme, c'est que, dans les lettres qu'il écrit de 1842 à 1852, il est déjà tout entier, tel que la suite de sa carrière le fera connaître. Il ne se démentira pas, il ne se contredira pas, il ne donnera pas le spectacle de fâcheuses palinodies.

Même pour ce groupe de lettres auquel nous avons momentanément limité notre choix, nous avons dû, pour ne pas surcharger ce livre, faire d'importantes éliminations. Par des réductions successives, nous avons été entraîné à supprimer plus de la moitié des lettres que nous pensions livrer au public. Nous avons gardé surtout ce qui paraissait avoir une valeur documentaire. Tout ce qui pouvait renseigner le lecteur sur l'École Normale et les partis littéraires de 1842 à 1847, sur la vie d'un jeune universitaire en province, sur l'état d'esprit des populations dans ces années troublées nous a semblé digne d'être conservé. Nous avons dû renoncer à des pages exquises où se révèle toute la tendresse du futur poète des Pages Intimes ; nous avons écarté des passages d'un sentiment très fin où se manifeste la sollicitude presque féminine, diso'ns même maternelle, d'Eugène Manuel à l'égard de tous ceux qui lui sont chers. Des

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