‹ Lettres de jeunesseChapitre 3 sur 60 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

tendances permanentes de la race. Et c'est un charme de A^oir les uns et les autres si finement notés au passage par une plume précise et délicate. On revit pendant quelques heures dans ce « petit monde d'autrefois », piccoh mondo antico, qui n'est plus tout à fait le nôtre, mais auquel nous tenons de si près, qui a préparé celui où nous vivons nous-mêmes, et que nous avons tant de raisons de désirer connaître. Je crois qu'on goûtera vivement, dans cette aimable correspondance, là saveur d'une résurrection que le caractère et le talent de l'auteur nous rendent si persuasive et si agréable.

Eugène Manuel était né à Paris, dans le vieux quartier du Marais, d'une famille de bonne et sérieuse bourgeoisie, où des habitudes sévères de travail s'alliaient au goût des arts, et où la gravité de l'éducation se réchauffait de toute la tendresse des affections domestiques. Son père était médecin. On voit autour de lui une mère excellente, qui l'accompagne dans son premier voyage en province; un frère plus jeune, une sœur très aimée, une tante qui était presque une seconde mère, d'autres parents encore, puis des amis d'enfance et de collège qui devaient rester les amis de l'âge mûr. Dans ce milieu, sa nature tendre, un peu timide, volontiers rêveuse et concentrée en elle-même, trouve toutes les affections dont elle a

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