X PRÉFACE
raine; il y a toujours en lui un moraliste et un politique, dans le sens élevé du mot. Il serait ! heureux, certes, de voir la belle lumière de la Grèce et de contempler le Parthénon. Mais « n'est-ce rien i que de voir marcher les événements de ce temps, d'assister aux luttes de la liberté, aux efforts intéressés des factions, à l'enfantement de l'avenir? » Bref, il n'a pas le courage de quitter, comme il le dit énergiquement, « la Chambre des représentants pour le Parthénon ». Ce même goût de l'action se montre, avec quelque ingénuité juvénile, dans une lettre écrite à l'École Normale, en 1844. Cousin venait de publier les Œuvres de Jacqueline Pascal. Eugène Manuel, dans sa ferveur de jeune philosophe, ne le lui pardonne pas. Il le voit avec indignation abandonner la philosophie pour l'érudition, et cela au moment où la pensée a tant besoin d'une direction qui lui vienne de ses chefs reconnus. Que faire si Cousin se dérobe? A ses yeux, c'est une véritable désertion, et il n'est pas tendre pour le chef de l'éclectisme. Non qu'il méconnaisse l'utilité des recherches érudites : il a trop de pondération pour aller jusque-là; mais à chacun son rôle : celui de Cousin, à cette date et dans sa situation, était de combattre le bon combat, et non de se réfugier dans les temjjla screna du passé.
On voit quelle ardeur latente couvait au fond