PREFACE. XI
de cette âme réservée. Cette ardeur venait des convictions généreuses qui formaient comme la substance de sa pensée II était spiritualiste , foncièrement religieux sans attache confessionnelle étroite, résolument libéral ou politique, patriote avec passion, et convaincu que le libéralisme était inséparable d'un patriotisme éclairé. Tel il se montre d'un bout à l'autre de sa correspondance ; tel il resta toute sa vie. Dans ces lettres de jeunesse, les professions de foi abondent, et quelques-unes sont intéressantes ou piquantes. Dès 1844, il s'inquiète des progrès de la réaction, et c'est le motif de sa colère contre Cousin. Mais il n'aime pas les purs voltairiens, qu'il soupçonne d'être injustes à l'égard du spiritualisme : Dieu, l'âme, l'immortalité, sont à ses yeux des vérités essentielles. Même attitude en 1849, au moment où la droite prend le dessus. Il est avec Cavaignac contre Napoléon. Il trouve qu'on est injuste envers Lamartine, malgré ses fautes. La même année, ayant à faire le discours d'usage à la distribution des prix du collège de Tours, il se sent embarrassé. Son père l'avait, semble-t-il, engagé à une prudence excessive. Il répond joliment ; « Les conseils du cher père sont un peu trop commodes, et je ne les admets pas, ni lui non plus, j'en suis sûr ». Suit une énergique déclaration de principes, qui aboutit cependant à