IV
Passons à la nouvelle morale religieuse. On pourrait faire observer que la nouvelle religion n'étant pas encore découverte, sa morale ne saurait exister, attendu que ce serait vouloir faire naflre l'effet avant la cause. Mais n'importe.
M. Mazzini entre en matière en disant qu'il vient enseigner au peuple la loi de Dieu, c'est-à-dire qu'il débute par une nouvelle contradiction , puisqu'il déclarait tout à l'heure que le peuple est le seul interprèle de la toi divine. Celui-ci n'a donc pas besoin qu'on la lui apprenne, c'est au contraire lui qui devrait l'expliquer aux autres* Passons.
« Aucun homme, aucun peuple, aucun siècle ne * peut présumer de connaître la loi de Dieu tout entière : » la loi morale , la loi de vie de l'humanité ne peut se dé- » couvrir en entier que par l'humanité généralement 9 réunie en association , quand toutes les forces , » toutes tes facultés qui constituent l'humaine nature » seront développées et en action*. » Puisque la morale ne saurait être connue en entier qu'à une époque qui, — d'après la description tracée ci-dessus, — pourrait sembler passablement éloignée , — nous retombons donc dans la morale de l'avenir, faisant suite à la retir
1 Prose, p.. 215.
jion de € avenir. M. Mazzini abuse vraiment quelque peu du futur.
Il déclare à la vérité, un peu plus loin, que les gens plus avancés en éducation ont pu découvrir du moins une partie de ladite loi (encore une fois, que devient donc le peuple seul interprète?). Et c'est cette partie qu'il vient enseigner. Écoutons :
a Dieu , père et éducateur de l'humanité , révèle dans » l'espace et dans le temps sa loi à l'humanité. Interrogez 9 ta tradition de {'humanité, l 9 assentiment de vos • frbres , NON DANS le cercle restreint d'un siècle