OU D'UNE SECTE , MAIS DANS LA MAJORITÉ DES HOMMES
» passés et présents. Toutes les fois que, à cet assenti- » ment, correspond la voix de votre conscience, vous êtes » certains du vrai , certains d'avoir une ligne de la loi de » Dieu 1 . *
Qui pourrait croire que de pareilles choses sont dites sérieusement}
Gomment! — ce qu'on vient de lire s'adresse à des hommes du peuple, à des ouvriers, et chaque fois qu'ils seront embarrassés sur un point de morale, il faudra qu'ils aillent rechercher, — non-seulement à l'époque actuelle, non-seulement dans un siècle , mais depuis que le monde existe, — ce qu'ont pensé, ce qu'ont dit, ce qu'ont fait concernant ce même point tous les hommes qui ont existé et qui existent aujourd'hui! 1! De semblables recherches seraient assurément très- faciles et ne coûteraient que très-peu de temps. Et de plus, pour être certain d'ê+
* Prose, p. 218j
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tre dans le vrai , il faudra que la conscience de l'investigateur se rencontre avec l'assentiment du genre humain tout entier, passé et présent ! ! Et si par hasard cet accord ne peut pas s'établir , — ce qui , on en conviendra , ue serait pas fort extraordinaire , surtout quand il s'agit de s'entendre moralement avec quelques milliards d'iudividus morts ou vivants, — où serait la règle de morale ?
Mais à quoi bon discuter de semblables insanités? Nous aurions dû nous contenter de les qualiûer par une citation latine : œgri somnia *.
Voilà pourtant ce qui s'appelle parfois aujourd'hui un grand penseur ! Bon Dieu ! qu'on nous ramène donc au plus simple catéchisme de village.
1 M. Mazzini, si profond, si lumineux en religion , si expert, si intelligible quand il s'agit de développer les préceptes de la morale, accable de ses orgueilleux dédains et poursuit incessamment de lourdes injures (l'injure par parenthèse est le seul point où il se distingue réellement) les prêtres catholiques qui ne savent, eux, que parler au nom. de Yancien Dieu et prêcher la morale surannée de l'Évangile. Son grand grief surtout, c'est que le clergé perçoit un salaire pour l'exercice de son saint ministère. Voilà ce que M. Mazzini ne saurait supporter ; il déclare de son ton le plus méprisant que c'est faire de la religion une spéculation , et il appelle le clergé prêtres de la boutique (preti délia bottega). C'est là assurément une plaisanterie d'un esprit fort médiocre et d'un goût encore plus douteux. Cependant M. Mazzini l'emploie et la réemploie avec une grande complaisance. Et les journaux mazziniens , — apparemment aussi pauvres d'idées et d'inventions que le maîjtre , — vivent depuis quatre ans bientôt sur cette piètre grossièreté, — prêtres de la boutique, — qu'ils ne répètent guère qu'environ une douzaine de fois par chaque numéro.
Voyons un peu cependant , il nous semble que le grand apôtre d'un dieu .fantastique, d'une religion dans les nuages, d'une rao-