PRISONS, POURVU QUE L'INTÉRIEUR DE L'ÉTAT SE VIDE
» d'ennemis. » (Popolano, 21 février 1849 4 .)
A cette politique hydrophobe, à cette rhétorique de charnier, à ces phrases d'abattoir qui suintent le sang , à ces cris de cannibale flairant la chair à dépecer, vous avez déjà reconnu sans aucun doute le nouvel évangile de l'humanité, de la fraternité par excellence et des pactes d'amour; — comme aussi, à ces paysans qu'il faut attacher à (a bouche des canons et employer en guise de mitraille , vous ne sauriez méconnaître l'école vraiment démocratique, la seule qui aime tendrement et sincèrement le peuple 2 !
1 Nous pourrions citer une foule d'articles aussi hideusement, aussi stupidement atroces, publiés par des feuilles mazziniennes pendant les années 1848-49.
3 Avec leurs dévergondages de frénétiques , parlant sans cesse de tout abîmer, de tout exterminer, pour la patrie, les mazziniens s'imaginent sans doute donner l'idée du patriotisme porté au plus haut degré; ils n'en offrent tout au plus que la caricature. Us ne font que plagier les exagérations ampoulées qui traînent sur ce sujet dans les vieux répertoires mélodramatiques ;' au lieu de frapper, d'émerveiller, comme ils le pensent, ils ne font qu'exciter le sourire. Et d'ailleurs, un historien italien avait déjà ouvert la voie dans ce genre bouffonnement outré, et il était, même allé si loin qu'on ne peut plus que pâlir auprès de lui. Buoncompagni raconte le plus sérieusement du monde qu'au siège d'Ancône (1171) par l'archevêque de Mayence, général de Barberousse, la faim commençant à se faire sentir dans la ville, « plusieurs jeunes filles se présentèrent à la municipalité » en s'offrant elles-mêmes comme nourriture, avec ces paro- » les : « Messieurs qui gouvernez cette cité, la chair des chevaux » et d'autres animaux est-elle donc considérée comme plus ex- » quise (saporita) que la nôtre, pour être mangée de préférence ? » De plus, cette chair manque à cette heure totalement; mangez
Que (oui cela serait odieux si ce n'était par-dessus tout pitoyable !
M. Mazzini avait si bien porté bonheur à la Toscane,— ce pays jadis si calme, si florissant, — et dont le gouvernement paternel avait été proverbial pendant un siècle , — que le minifctrc anglais à Florence, sir Charles Uamiltoo, écrivait à la On du même mois de février 1849 : a II est » impossible de se faire une idée de tu terreur, de (a » misère et de ta désolation qui régnent dans cette » malheureuse cité *• »
vin.
Nous voici arrivé à M. Mazzini triumvir et à la République romaine. Nous n'avons pas besoin de déclarer que notre intention n'est nullement de présenter un historique de cette période, déjà décrite d'ailleurs par plusieurs écrivains français et italiens 2 . Nous nous bornerons à extraire de l'ensemble quelques détails et quelques citations qui rentrent dans notre cadre. Comme aussi nous nous proposons de laisser complètement de côté la partie militaire,
» donc de nous, qui nous offrons spontanément, ou bien jetez- » nous dans la mer ; mieux Taudra pour nous mourir que de » tomber au pouvoir de ces Allemands qui n'ont pour loi que la » brutalité et la fureur. » (Buoncompagsi , Obsidio Anconœ.) Dans cette histoire prétendue, le burlesque de la mise en scène est tout à fait au niveau du burlesque de l'invention.
1 Correspondance affecting the affairs o/Italy, p. 174.
2 Nous citerons entre autres un ouvrage aussi complet que remarquable, intitulé Histoire de la Révolution de Rome, par Alphonse Balleydicr.
celle du siège de Rome. Et cela pour deux raisons : la première, c'est que la défense" a été courageuse et que le courage est toujours respectable ; — la seconde, c'est que M. Mazzini est resté tout à fait étranger à cette partie-là. On ne Ta jamais, — au grand jamais, — aperçu du côté de la porte Saint-Pancrace, théâtre des batailles. Il s'était réservé les harangues, les manifestes, les proclamations, etc. , autrement dit le département des phrases. Pendant que d'autres se battaient, il n'a tiré, lui, que la plume et versé que son encre.
M. Mazzini et tous les pamphlétaires démagogues à la suite ont cité, — et citent encore à cette heure, — la République romaine comme ayant été constamment un modèle d'ordre , de mansuétude, de fraternité, de désintéressement, comme ayant offert, — en un mot, — le spectacle de toutes les vertus civiques et humanitaires. Ils nient qu'il y ait eu le moindre excès de commis, et surtout qu'on puisse apercevoir la plus légère tache de sang sur la blanche robe de cette vierge mazzinienne. Un seul exemple suffira pour prouver la candeur de semblables assertions. L'assassinat du ministre Rossi (19 novembre 1848) a soulevé d'horreur l'Europe entière; mais ce crime a été précédé «t suivi de circonstances qui le rendent plus odieux encore. Les chefs des sociétés secrètes l'avaient décrété, dit-on, trois semaines auparavant, dans un banquet fraternel, au milieu du choc des verres. La veille du jour fixé, il y avait eu répétition pour l'exécution de ce forfait, comme s'il se fût agi tout simplement d'une Action dramatique. Cent seize conjurés s'étaient réunis le. soir dans la salle du théâtre Capranica; un cadavre em-
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prunté à l'amphithéâtre de l'hôpital Saint- Jacques se dressait debout, appuyé contre une coulisse; le sectaire assassin désigné par le sort, s'exerça à frapper sûrement le coup de poignard, et l'assemblée battit des mains, se félicitant de voir que la représentation marcherait bien te lendemain.
Le crime accompli, qui ne sait que l'assemblée des représentants romains , — alors que le sang du ministre courait encore sur le seuil du lieu de ses séances, — resta froide, impassible? le président Sterbinelti dit de son ton ordinaire : « On va passer à la lecture du procèsverbal. » Qui ne sait que, le soir, ce détestable assassinat fut célébré par une fête publique, par une nombreuse procession où se trouvaient mêlés plusieurs militaires de différents corps? que cette procession cannibalesque parcourut les rues portant des torches, des bannières, à Tune desquelles était attaché le couteau qui avait servi à l'accomplissement du crime et qui. était encore rouge de sang? — que ces hordes poussaient des cris de joie sauvages et chantaient en chœur un hymne composé pour ta circonstance , et dont le refrain était : Bénie soit ta main qui a poignardé Rossi ! Qui ne sait qu'à une station, au café des Convertite 9 l'assassin lui-même fut l'objet d'une ovation ? — que c'était à qui , — parmi cette abominable foule, — pourrait saisir et baiser sa main sanglante qu'on appelait sa santa ma?io'S Qui ne sait enfin que, pour mettre le comble à toutes ces horreurs, la procession vint parader devant l'hôtel où pieu- . raient la veuve et les enfants du comte Rossi, et élever le out eau meurtrier à la hauteur des fenêtres du premier
étage? Le lendemain , les feuilles démagogiques applaudirent avec enthousiasme à ces hideuses scènes. Des réjouissances populaires en l'honneur de cet assassinat eurent lieu sur d'autres points de l'Italie, notamment à Livourne. Un forcené démocrate, le docteur Carlo Pigli, alors gouverneur de la ville, harangua en celte occasion la foule du haut de son balcon, et dit entre autres choses, que « Rossi avait été frappé par un digne fils de ta République rçmaine*.» ~
Eh bien ! en présence de ces apothéoses publiques du crime, M. Mazzini a osé, — le mot est modéré, — écrire ce qui suit dans une lettre adressée à M. de»Lcsseps (16 mai 1849) : « L'assassinat de M. Rossi, fait déplora- » ble, mais isolé, excès individuel repoussé, con- » damné par tout le monde. » Après un pareil exemple, on peut juger ce que valent les affirmations mazzinienncs sur tout le reste a .
Les sectaires ne se contentent pas de chercher des atténuations mensongères, ils crient à la calomnie quand on
1 Guerazzi , qui était à cette époque ministre de l'intérieur en Toscane , confirme pleinement le fait. Il ajoute : « J'adressai à ce » sujet des représentations à Pigli; je rengageai à être plus mé- » nager de ses discours vis-à-vis de la foule, et je l'exhortai à limiter la rose, laquelle, disais-je, est d'autant plus belle » qu'elle se montre moins (quanto si mostra meno , tanto è più » bella). » (Apologia, p. 45.) Cette comparaison de la rose, à propos d'une glorification de l'assassinat, paraîtra sans doute plus que singulière.
7 Que sè"rait-ce s'il était vrai que M. Mazzini eût écrit luimême, — comme l'assure une brochure italienne, — Le Peuple à Rome, 1850 : « V assassinat de Rossi était nécessaire et >» juste ! »
parie des autres assassinats qui ont souillé si fréquentaient la république romaine. Faut-il donc rappeler l'abbé Ximenès poignardé comme rédacteur d'un journal réactionnaire * , — nouvel exemple du respect du parli pour la liberté des opinions ? — Faut-il rappeler les trois inalheareux paysans massacrés en pleine rue , — comme jésuites déguisés , — par la foule gui se lave (es mains dans leur sang et se partage tes lambeaux de kur chair 2 ?
Faut-il rappeler le curé de la Minerve égorgé dans les souterrains du cloître de Saintc-Calixte , et les quatoru prêtres -fusillés dans le même lieu 1 ? En même temps les assassinats ensanglantaient d'autres parties des États romains , et notamment Imola , Sinigaglia et Ancône. A propos des excès homicides qui se commettaient à Imola , le ministre de l'intérieur , Saffi , écrivait au comte F, Laderchi, gouverneur de la province de Ravenne: « Je suis profondément désolé ; c'est là une terrible plaie. Je vois les extrêmes difficultés de l'action gouvernementale dans une aussi Iwrribte décomposition de la société, »
Il se passa , dans les provinces citées plus haut, un foti qui paraîtrait incroyable si Ton ne savait à quel point de démence perverse peuvent entraîner les passions démagogiques. Nous l'empruntons à Carlo Rusconi , ardent niazziniste, ministre des affaires étrangères de la république romaine, dont il a écrit l'histoire. Un pareil témoignage ne saurait sans doute passer pour suspect; voici ce que raconte Rusconi : « Dans les provinces d' Ancône et de St- ' Juillet 1848. — 2 4 mai 1849. — 3 20 mai 1849.
JUGÉ PAR LUI-MÊME ET PAR LES SIENS. lia
» nigagfca s'était formée (chose horrible à dire ! ) une so- » ciété cfoî crat servir les principes démocratiques en » tuait les individus qui ne professaient pas ces mêmes » principes , et qui imagina (présomptueuse sottise jointe » h ose horrible férocité ! ) de purger la société de tous » tes hommes immoraux et de tons ceux qui étaient » hostiles au gouvernement républicain. Les statuts * de cette secte, qui s'était appelée X Infernale % portaient :; » Mérite la mort, quiconque n'est pas républicain » et se montre hostiie à la république, comme a/assU » quiconque a donné a& pays i'cœemple d'untr vie » corrompue et désordonnée , foulant aux pieds
» TOUTE VERTU ET TOUTE MORAtE 4 . » Et RUSCOni Cite
nominativement quinze personnes qui tombèrent sous le couteau de ces fanatiques démocrates ; et il ajouté qu'il y ça eut encore beaucoup d'autres. Est-il possible, nous le % demandons , de concevoir un* aussi monstrueux renverse^ ment du sens moral : des républicains égorgeurs par frénésie de liberté et de fraternité, des bandits au nom- de»' bonnes mœurs, des assassins au nom de la vertu! ! Mais à qui la faute , sinon à ces détestables apôtres qu'on* entend toujours mêlant à leurs soi-disant prédications de progrès et de morale lé meurtre et le sang?
L'autocrate de la république romaine ne manquera sans doute pas d ? objecter que son gouvernement n'est pas resté . indifférent en présence de ce débordement de crimes. Voyons donc les énergiques mesures qu'il a* prises : pouf l'assassinat du comte Rossi et de l'abbé Ximedès , aucune punition , pas même une recherche des coupables; — re-
• La Repttblica Romana, vol. i, p. 189.
lativement à regorgement des trois malheureux paysans , au milieu d'une rue t en plein jour, et avec des circonstances si atroces t le ministre Saffî publie une proclamation commençant ainsi : « Rome, la cité créatrice de notre » vie civile , te centre idéal dont toute l'Italie attendait » la nouvelle parole de rédemption , était paralysée dans
* sa magnifique mission par ce funeste amalgame de l'au- » torité sacerdotale et de la principauté, qui, dans les mi- » sérables réseaux d'une artificieuse et exclusive politique,
• étouffait l'irrésistible 'pensée de la nation...» Suivent deux pages d'un aussi vaporeux pathos, — évidemment imité du maître , — et c'est seulement après avoir ainsi divagué sur toute autre chose , que la proclamation arrive incidemment à parler des « délits de sang (périphrase » assez adoucie ) qui se commettent sur quelques points » (heureusement fort rares) de l'État , et troublent dé- » plorablement le concours général et merveilleux » d'un peuple entier dans V œuvre de sa rédemp- » tion. » La proclamation dit encore que par ces délits, « Vidée vierge et majestueuse qui s'élève aujour- » d'hui sur ie Capitole est jetée dans la fange ; par eux » le nouveau pacte d'amour et"He pardon, juré à Rome » par les vrais croyants dans l'avenir de l'humanité , est » profané; par eux, V œuvre de la vie et V harmonie » de la liberté sont horriblement violées et foulées aux » pieds '. 9 La pièce se termine par des menaces de répression.... pour ('avenir, mais nous ne sachions pas qu'elles aient été suivies d'aucun effet.
1 Voir cette proclamation dans l'ouvrage de C. Rusconi, déjà cité, p. 231.
Quant au massacre d'un si grand nombre de prêtres dans les souterrains du cloître de Sainte-Calixte , le triumvirat lance une autre proclamation où il est dit : « Des » désordres rares (toujours les expressions les plus adou- »cies), des commencements de dévastation, des actes » offensifs à la propriété, menacent le calme majestueux » avec lequel Rome a sanctifié sarictoire... Romains, vos » triumvirs ont pris rengagement solennel de montrer à » l'Europe que vous êtes meilleurs que ceux gui vous » assiègent.., que vous êtes non-seulement braves, mais » bons; que force et loi sont parmi vous l'âme de la répu-
• blique 1 , etc. » Puis, même péroraison de menaces... oratoires , et même absence d'effets.
En résumé , — pour prévenir et châtier d'horribles assassinats ,. — pas autre chose que des phrases pompeusement insignifiantes , sentimentalement alambiquées. Jugez comme les bandits devaient être effrayés et contenus !
L'historien mazziniste Rusconi, — parmi ce qu'il appelle les beaux actes de la république romaine, — cite celui-ci : « La police fut réformée dans te sens de cette » moralité qu'elle devrait toujours avoir, et ce mi-
• nistère confié à des hommes sobres, de réputation in- » tacte, afin que l'institution fût pour les citoyens une » sauvegarde et non plus un sujet d'épouvante 2 . » Ici encore , mots superbes , mais auxquels manque absolument la réalité. Que penser démette police régénérée, véritable sauvegarde des citoyens , et qui laissait impu-
1 Republica Romana, vol. u, p. 2Gi).
2 Ibid., v. i, p. 113.
m màzzim
nément commettre les désordres, les dévastations, tes violences, les spoliations, les assassinats publics, dont Home était alors le théâtre ! Mais si ttoas nous transportons à tartine , cette police modèle joue bien encore on antre rite. Écoutons Farini : « Parlerai-je d'Ancôtte , xm les bandits » assassinaient en plein midi, swr les places, «bas tes ro«- » sons particulières , daifs les établissements publics, eu » présence de la milice qui laissait faire. J'ajouterai qie » des officiers de police, tout à 4a fois strires , juges » et bourreaux , donnwimt ta mort ausb citoyens » que leur devoir était de protéger contre toute tif* » fense*. »
Le jour de rentrée de l'armée française dans Rome, — * c'est Carlo Rusconi qtri l'avoue , -ou plutôt qui a IWr d'en faire gloire : « h foreur publique , à un certain » moment, ne put plus se contenir, et quelques soldat* » français ainsi que'quelqucsprétres italiens ïtnH- » hlrent percés par cent pôignards\ » LaTépflblique romaine, — baptisée dans le sang de Rossi, *- devait donc finir comme elle avatit commencé, — - par des assassinats!
Encore une fois, II. MtfMJini dériietoutes ces atrocités homicides; il s'éCrie : « Nos mains, les mains qui out dirigé Rome, sont pitres dvdélits de sang B . » SU fteut dire tout simplement par fe qu'il n'a point trempé -ptfr^ sonneUement dans les forfaits dont nous *veûonsiteiïê- Youler le triste tableau , nul assurément nfe sofcgfe à te cdntestét. Mais alors qu'oii institue des Mctes fcsftStittâ;
' Stato Romano, v. m, p. 393.
2 Republica Romana , y. ii, p. t98.
3 Vttalia deï Popolo t n° d'octobre 1849,
qu'on tour met entre les mains ia dague et le poignard f qu'on teur jette des maximes comme celle-ci : « Ne crai?- » gnons pas d'exterminer, -— L'homicide politi- » que n'est pas un crime ^ » alors que les meurtres viennent ensuite à s'accomplir, peut-on justement échapper à l'accusation de complicité morale? Nous ne le pensons point. Le malheureux Macbeth s'écrie que toute l'eau de l'Océan ne saurait laver les taches de sang , à plus forte raison toutes le» phrases de l'art oratoire ne peuvent y suffire.
Le parti mazzinien s'est plu à rejeter sur la papauté toute la responsabilité des catastrophes qui ont accablé Rome. Suivant eux, Pie IX n'avait qu'à se conûer à un peuple dévoué, généreux, qui ne demandait qu'à développer paisiblement ses libertés. Le vrai peuple romain , à la bonne heure , mais Massimo d'Azeglio ne nous a-t-il pas appris qu'il y avait, — à cette époque de surexcitations révolutionnaires, •— des directeurs de troupes de comparses, se chargeant de fournir un peuple au gré des besoins et des fantaisies des grands agitateurs? Or, ce peuple de convention , le parti mazziniste avait eu soin de se le procurer à Rome, et il en disposait comme de sa chose. Maintenant , établissons nettement la position (de 1847-48). N'est- il pas vrai que le vicaire de Jésus-Christ sur la terre avait grand tort de ne pas se fier à une secte qui nie la divinité du Christ, et qui l'appelle tout simplement UN homme ' ! N'est-il pas vrai que le chef de la religion catholique de-
1 Vit ait* del Popolo , n° de janvier J 850 , p. 63 : « Le sang » du Christ , est-il dit , racheta le genre humain ; il suffît du sa- » orifice d'cN homme pour rendre éternelle sa pieuse parole. »
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vait raisonnablement faire cause commune avec des ennemis déclarés du catholicisme, avec ceux qui le disent à chaque instant un culte perdu, définitivement mort, un cadavre galvanisé, etc. ? N'est-il pas vrai qu'un pape devait se remettre aveuglément entre les mains de gens qui n'ont jamais cessé d'attaquer, de maudire, l'institution de la papauté, et d'invoquer sa destruction? N'estil pas vrai, enfin , que le souverain temporel des États romains ne pouvait , sans une suprême injustice, refuser de croire au profond dévouement des adaptes de la jeune Italie, de cette même secte qui, — dès quinze ans auparavant , — s'était organisée dans le but avoué de travailler à la destruction indispensable de TOUS les gouvernements de la Péninsule ?
La situation ainsi posée , de quel côté étaient le parti pris , la mauvaise foi ? La réponse certes n'est pas difficile, et les faits d'ailleurs ne la fournissent malheureusement que trop. Laissons les arguties et les subtilités ; ce qui est arrivé à Rome en 1848 devait nécessairement arriver, attendu que c'était le résultat d'un complot préparé , arrêté de longue main , et dont le vénérable Pie IX devait être la victime , quoi qu'il pût faire d'ailleurs. Aussi voit-on sa proclamation si généreuse d'amnistie du 17 juillet 1846, sa Consulte et toutes ses concessions libérales ne donner lieu qu'à de nouvelles exigences de plus en plus inacceptables , de plus en plus impossibles ! .
1 Pie IX avait voulu appeler la liberté , il voyait l'anarchie lui répondre ; et il avait coutume , dit-on , de citer «ouvert à ce propos le conte de cet enfant qui , ayant vu un sorcier à l'aide de signes magiques évoquer et faire danser un diable, puis le
Et puisque nous en sommes sur le chapitre de la franchise, nous poserons une autre question à M. Mazzini : Lorsqu'il est arrivé à la dictature de la république romaine, il s'était montré jusque-là , — nous venons de le dire , — anticatholique on ne peut plus prononcé ; il avait déclaré mille et mille fois qu'il ne croyait ni à cette religion , ni à son divin auteur, ni à ses rites ; il n'avait cessé de couvrir les ministres du culte d'outrages et d'anathèmes; comment se fait-il donc que ce même anticatholique , pendant son triumvirat , ait plus dl'une fois ordonné des cérémonies religieuses dans les églises, cérémonies dans lesquelles il se plaisait à parader revêtu d'une écharpe? Comment se
faire disparaître avec d'autres signes , ne se rappela plus ces derniers, de telle sorte qu'il eut le diable obéissant à ses ordres, mais ne savait comment s'en défaire. « Cet enfant , ajoutait tristement le bon pape , cet enfant, c'est moi. »
Nous avons parlé de l'amnistie du 17 juillet 1846; les nombreux conspirateurs qui en avaient profité prêtèrent avec enthousiasme le serment suivant imposé comme condition : «Je » jure sur ma parole d'honneur de n'abuser en aueun temps, » en aucune manière, de la souveraine clémence du Saint-Père, » et je m'engage à remplir fidèlement tous les devoirs d'un bon » et loyal sujet, » Ce serment fut accompagné des plus extrêmes démonstrations d'amour et de gratitude envers Pie IX... Quelque temps après , ces mêmes amnistiés se montraient en tête de ses ennemis les plus implacables et les plus acharnés à le renverser.
Criera-ton à la noire ingratitude? Mais un mazziniste vous apprendra qu'ils ne devaient aucune reconnaissance à Pie IX, au contraire. « Pie IX , dit-il , prétend se faire un mérite d'un par- » don qu'il devait, lui, demander, en répudiant les péchés du » papisme, et au lieu de cela il ose l'accorder avec la condition » d'un serment de respecter la puissance pontificale. » (VItaliadel Popolo, n° de décembre 1849.) L'explication est neuve et fait honneur au cœur et à l'esprit de son auteur.