Lne Voiture de masqies, Dentu, lSo
Pierre Corneille ( Jannet), a-t-il fait un nouveau chapitre sur V Imitation de J. C, et a-t-ii ajouté beaucoup de documents aux éditions précédentes?
J'ai à peu près deux cents toises de fresques à voir demain dans le Campo Santo. Voulez-vous me permettre d'aller me coucher?
Si vous me répondez poste pour poste, ou à peu près, poste-restante à Rome, où je serais le 15, je vous rapporte les Mémoires autographes et inédits d'Abraham Bosse.
A vous et tout à vous,
Jules.
A PHILIPPE DE CHEXXEVIERES
Rome, 21 février I806.
Décidément tout arrive, mon cher ami. Le joli rêve que vous nous contiez, il y a un an. à Versailles, au coin d'un bon déjeuner, est un bel et bon journal qui n'a pas son phn hebdomadaire. Et pendant que nous nous promenons, que nous paressons. — vous levez une armée, un imprimeur et une feuille de papier assez grande, pour promettre au public : les Nouvelles des Arts ^ Duplessisme dit que vous avez bien voulu penser à nous. S'il ne me lavait pas dit, j'en aurais été persuadé, ce qui ne m"empêche pas de vous remercier, et de vous prier de vouloir bien mettre nos noms dans la liste de vos collaborateurs, d'autant mieux que ce ne sera pas une vaine menace; aussitôt notre retour, nous secouerons un peu notre panier dans votre champ, si vous le voulez bien. La plume nous démange ici — et beaucoup.
Eh bien! voilà plus de trois mois, mon cher ami, que nous allons devant nous, les yeux fort ouverts et l'àme fort contente.
Venise est Venise, une ville entre toutes les villes.
\. Journal mort aVant de paraître.
J'avais bien peur en descendant dans la gondoleomnibus du chemin de fer. de ne trouver que le décor des opéras-comiques de Scribe, mais le diable m'emporte, c'est un vrai théâtre de Shakespeare.
A Florence, nous sommes devenus sérieusement, consciencieusement et laborieusement amoureux des peintres primitifs, des Giotto et des Gaddi, des Lippi et des Botticelli, des Pollaiolo et des Beato Angelico. Nous leur avons fait la cour pendant un mois, si bien qu'à la fin, à force de nous monter le regard, nous trouvions une pensée dans une draperie, une école dans un doigt de pied, un système dans la forme d'un nuage, et un homme de génie dans un maladroit naïf. Je vous dis cela, mais ne le dites pas. nous ne voulons pas guérir, et puis on prête tant aux gens qui font valser les rimes deux à deux; que ne prêterait-on un peu à ces braves gens — sans patte — qu'on n'adore peut-être... que parce qu'on les découvre?
Pour Rome, je n'y ai vu encore que Amaury-Duval, qui est le plus aimable peintre du monde. — à écouter.
Adieu. Je ne sais rien. Je lis le journal, quand il neige. Écrivez-nous au nom de notre exil. Écriveznous ce que vous voudrez: les faits et gestes du thermomètre Chevalier, si cela vous plaît : Mais jetez-nous une poignée de main et un morceau de Paris par la poste, d'ici à une quinzaine.
Les deux frères sont, comme de Paris à Versailles,
Vos amis,
Jules de Goncourt. A Rome, poste restante.
P. S. Mille choses aimablesde notre part à M. E. Sou-
lié. Et si on vous rapportait copie de deux grandes lettres de Tami Mariette, serait-ce gentil ? Eh bien, c'est fait, mais si vous n'écrivez pas. je vous boude en les oubliant. Vous voilà averti. Tout à vous.
A GEORGES DUPLESSIS
Rome, 27 février I806.
Mon cher ami,
A'ous êtes le meilleur et leplus aimable desjournaux, et nous vous remercions de tout cœur, de nous tenir au courant de Paris, des journaux et des matériaux pour servir à notre piédestal.
Si je vous ai porté bonheur, vous me l'avez rendu, car il m'est tombé, le jour de votre lettre, la nouvelle d'un article du Moniteur sur la Société ' . Partant, nous sommes quittes.
Ce que vous me dites sur la mort du journal de Chennevières, avant d'être né, me paraît prodigieux, mais... je me tais.
Jannet nous a annoncés ; c'est au mieux, nous tâcherons d'être encore de ce monde, lors de la correction des épreuves.
Voulez-vous notre journal de voyage? Florence est le grand musée de l'Italie, non le musée des badauds, mais le musée des travailleurs qui peignent ou qui