‹ Lettres de l'abbé Henri Perreyve, 1850-1865Chapitre 2 sur 54 · L’ABBÉ HENRI PERREYVE · texte numérisé non relu

L’ABBÉ HENRI PERREYVE

L’abbé Henri Perreyve naquit à Paris, le 11 avril 1831. L’éducation religieuse lui fut donnée dans sa famille et aux catéchismes de Saint-Sulpice, où il se fit tout d’abord remarquer de ses maîtres par son zèle et son intelligence. Le jour de sa première Communion, il connut sa vocation sacerdotale et n’hésita pas à consacrer sa vie au service de Dieu.

Il suivit, externe, les classes du lycée Saint-Louis, dont les leçons assidues de son père (2) complétaient l’enseignement. En rhétorique, à Louis-le- Grand, il eut de grands succès. Il fit ensuite sa philosophie à la maison paternelle (3); l’attrait qu’eut pour lui cette science lui en fît prolonger l’étude pendant deux ans; la seconde année, il commençait aussi son droit, pour répondre au voeu de son père.

(1) Cette notice pourra servir de sommaire pour la lecture des Lettres.

(2) M. Henry Perreyve, professeur à la Faculté de droit de Paris.

(3) Avec M. Nourrisson, alors professeur de philosophie au collège Stanislas.

NOTICE

Vil!

Avec quelques jeunes gens charitables, membres comme lui de la société de Saint-Vincent de Paul, il organisa, en 18Zi8, des écoles du soir pour les apprentis du quartier Saint-Victor. On Ty chargea du cours d’instruction religieuse; ses habitudes de piété justifiaient ce choix : depuis qu’il n’allait plus au catéchisme de persévérance, il était, à Notre- Dame, un auditeur très zélé du R. Père Lacordaire et du R. Père de Ravignan, et ne manquait jamais \ la communion générale des hommes le jour de Pâques.

A ce moment de son adolescence, des circonstances providentielles le rapprochèrent souvent de Frédéric Ozanam, dont le mérite et les vertus firent sur lui une grande impression.

En 1850, après un vomissement de sang qui mit tout à coup sa vie en danger, il alla passer quelques mois en Italie avec l’un de ses amis, le docteur Charles Ozanam. Les deux voyageurs se rendirent d’abord à Gaëte, où Sa Sainteté Pie IX était en exil. Introduits par le cardinal Dupont auprès du Pape, ils en reçurent un accueil très paternel ; ils le suivirent ensuite dans son retour et assistèrent à sa rentrée à Rome.

La Providence, qui le favorisait, voulut mettre de nouveau sa jeunesse sous une influence supéj’ieure. A la fin de cette même année 1850, par l’intermédiaire de son ami M. Eugène Bernard, il entra en relations avec le R. P. Lacordaire. Un instant suffit au Père pour distinguer Henri Perreyve entre beaucoup d’autres et pour lui donner sa sainte

sua L’ABBÉ HENRI PERREYVE

amitié. Après que le P. Lacordaire eut quitté Paris, il recevait presque chaque année son jeune ami, soit à Flavigny, soit à Sorèze, et, dans l’intervalle de ces courtes réunions, une correspondance intime s’établit entre eux.

Malgré plusieurs maladies et de fréquents voyages de santé, ayant achevé son droit, selon le désir de son père, et libre de suivre sa vocation, au mois de novembre 1853, il entra à l’Oratoire avec M. Charles Perraud, son ami; MM. Adolphe Perraud et Lescœur les y avaient précédés. Il y étudia la théologie sous le R. P. Gilet et le R. P. de Valroger. La philosophie le captiva de nouveau et d’autant plus qu’elle était professée par le R. P. Gratry. Une vive sympathie le lia bien vite à ce maître éminent, dont la tendre affection devait lui survivre

Dix-huit mois après, repris de nouveaux crachements de sang, il dut quitter l’Oratoire et revenir dans sa famille. Il passa à Rome deux hivers successifs pendant lesquels, ne perdant pas de vue le but de sa vie, il suivit régulièrement les cours du Collège romain. Après une retraite faite à Saint-Eusèbe, maison du noviciat des RR. PP. Jésuites, il eut le bonheur d’être ordonné sous-diacre, dans la basilique de Saint- Jean-de-Latran, par le cardinal Patrizzi. C’est alors que Sa Sainteté Pie IX daigna lui accorder plusieurs audiences particulières, l’accueillant chaque fois avec une grande bonté et, à la fin, bénissant toute sa vie ecclésiastique.

La maladie reparut l’année suivante pendant sa retraite au séminaire de SainL-Sulpice. A la cérémonie

NOTifiB

même de l’Ordination, il était en proie à de vives souffrances, mais il cacha son mal pour pouvoir être ordonné diacre.

Après une autre saison passée à Hyères, dans la société du R. P. Gratry, sa santé ayant semblé se raffermir, il rentra temporairement à l’Oratoire pour s’y préparer au sacerdoce sous la direction du R. P. Pétôtot (1), dont il connaissait l’inaltérable affection.

Il fut ordonné prêtre par Son Éminence le cardinal Morlot, le 29 mai 1858, dans l’église de Saint- Sulpice, qui lui rappelait sa première Communion et sa première résolution d’appartenir à Dieu. Le lendemain, il disait sa première messe dans la chapelle des Oratoriens, entouré de sa famille, de ses maîtres, de nombreux amis, et assisté à l’autel par le R. P. Lacordaire, venu exprès de Sorèze.

Après son ordination sacerdotale, l’abbé Perreyve fut attaché, en qualité de catéchiste, à la paroisse Sainte-Glotilde, et l’année suivante, nommé vicaire à Saint-Thomas d’Aquin, où il s’occupa surtout des catéchismes.

Etant à l’Oratoire et sans rien négliger de ses études théologiques, il avait commencé à se faire connaître comme écrivain. Un travail sur Mmmaculée-Conception^ composé quelques jours avant la définition dogmatique de ce mystère; la biographie de Frédéric Ozanam^ et une étude publiée dans le Correspondant^ sous ce titre ; Du progrès par le

(il Supérieur de l’Oratoire.

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