SUR L’ABBÉ HENRI PERREYVB
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christianisme^ avaient marqué ses premiers essais. En 1858, 1859, 1860, il faisait successivement son premier livre : Méditations sur le chemin de la croix; les trois éloges funèbres dé Herman de Joiiffroy^ de Rosa Ferrucci^ dé Alfred Tonnellé, et un nouvel article pour le Correspondant : Souvenirs de Notre-Dame^ expression de sa filiale admiration pour le P. Lacordaire. Il donnait aussi des soins à la publication des Entretiens spirituels du R. P. de Ravignan, recueillis par les Enfants de Marie. Enfin, en 1860, paraissait la Journée des Malades, son second livre, écrit au prix de ses souffrances, que le R. P. Pététot voulut bien honorer d’une importante introduction.
Ses débuts dans la chaire sacrée n’avaient pas été moins heureux. Son premier sermon, prononcé en 1859, dans l’église des Carmes (1), à la fête de saint Thomas d'Aquin^ et déjà très remarqué, fut suivi des panégyriques de sainte Clotilde et de samt Louis; d’une allocution à Notre-Dame, la Vocation des arts, pour l’association des artistes, et d’un éloquent discours sur r Histoire de France, au Cercle catholique des jeunes étudiants.
Pendant la retraite ecclésiastique de 1859, une commission des membres les plus distingués du clergé de Paris ayant été formée pour rédiger une adresse (la première de celles qui partirent de France) à Sa Sainteté Pie IX, après l’invasion des
(1) L'église des Carmes était alors desservie par les PP. Dominicains.
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NOTICE
Marches et de FOmbrie, Son Éminence le cardinal Morlot fit à l’abbé Perreyve l’honneur de l’y adjoindre.
Au mois d’octobre 1860, il fut nommé aumônier au lycée Saint-Louis avec M. l’abbé Bernard, son ami.
îl y fit aux élèves des classes supérieures une suite de Conférences soigneusement préparées sur l'Église catholique.
Après une année passée au collège Saint-Louis, on jeta les yeux sur lui pour remplacer, dans la chaire d’Histoire ecclésiastique à la Sorbonne (1), M. l’abbé Lavigerie, qui venait d’être nommé auditeur de Rote (2).
Les nouvelles alarmantes qu’il reçut alors de Sorèze, l’obligèrent à partir pour voir une dernière fois son illustre ami. Le R. P. Lacordaire, par le legs de ses manuscrits et correspondances, remontant à 1857, avait donné à l’abbé Perreyve une marque de confiance dans « l’élévation de son esprit et de gratine tude pour une amitié qui n’avait failli en aucun « temps ».
A la fin de 1861, l’abbé Perreyve fut officiellement chargé du cours d’Histoire ecclésiastique à la Sorbonne; il venait de soutenir sa thèse de docteur en théologie composée de ses études antérieures et intitulée : Des caractères de la véritable Église.
Il continua dans son cours, de 1861 à 1862, ces mêmes études dont il fit une introduction à ses futurs
(1) Faculté de théologie.
(2) Depuis évêque de Nancy, archevêque de Carthage et d’Alger.
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travaux historiques. Les deux armées suivantes, 1862-1863, il prit pour sujet : les Temps apostoliques et le Martyre chrétien; les deux leçons d* ouverture seules ont été rédigées, H Attente des nations^ le Témoignage des martyrs^ cette dernière, publiée dans le Correspondant.
Le succès de son ministère à Saint-Louis fit alors choisir fabbé Perreyve pour les prédications du Carême, qui ont lieu tous les quinze jours au collège Sainte-Barbe. Les élèves du grand collège et de rÉcole préparatoire exprimèrent bientôt le désir de l'entendre chaque dimanche. Pendant trois ans, chargé de cette station, il eut la joie de voir un grand nombre d’élèves revenir à Dieu et s’approcher des sacrements.
Ses grands dons naturels et surnaturels entraînaient les cœurs, et de précieuses distinctions lui venaient de tous côtés.
En 1862, Mgr Dupanloup, évêque d’Orléans, après l’avoir nommé chanoine honoraire de sa cathédrale, l’invitait à prêcher le panégyrique de Jeanne dé Arc ^ à la fête anniversaire du 8 mai. Peu de temps après cette belle solennité, rehaussée par sa patriotique éloquence, il prononçait un pathétique discours, la Justice et la Paix., au service annuel des Polonais morts en exil (1).
Cependant, il n’oubliait pas que le P. Lacordaire lui avait confié le soin d’écrire sa vie. En attendant le moment de réaliser un tel vœu, voulant faire
(1) Dans i 'église de Montmorency.
NOTICE
quelque chose pour cette grande mémoire, il réunît en un volume les Lettres du Père Lacordaire à des jeunes gens (1), qu’il fit précéder, comme introduction, d’un très bel éloge du saint religieux. Ce livre lui valut les approbations de plusieurs de NN. SS. les archevêques et évêques de France et une honorable lettre de Mgr Sottovia, secrétaire de Sa Sainteté Pie IX.
La mort d’un maître et d’un ami, Mgr Baudry, évêque de Périgueux, vint encore le frapper douloureusement en 1863. Il écrivit sur lui quelques pages émues, tribut de sa reconnaissance : Mgr Baudry, lorsqu’il était professeur au séminaire de Saint- Sulpice, ayant daigné l’admettre à ses savantes conférences d’anciens élèves.
A la fin de cette même année, l’abbé Perreyve fut nommé professeur titulaire de la chaire qu’il occupait avec tant d’éclat à la Sorbonne, depuis deux ans comme chargé de cours.
De plus en plus aimé et recherché des jeunes gens qui se portaient en grand nombre partout où l’on pouvait l’entendre, il offrait chez lui, à quelques-uns d’entre eux et sous sa direction, des conférences religieuses et philosophiques. Il écrivait fréquemment dans les revues, entretenait une vaste correspondance et se livrait en même temps, avec une activité extrême, aux travaux du saint ministère, principalement auprès des pauvres et des affligés.
Mais tant d’œuvres, tant d’efforts et surtout l’ar-
(1) Une partie de ces lettres lui avaient été adressées.