SUR L’ABBE HENRI PERREYVE
deur de son zèle, dépassèrent ses forces. Sa santé s’altéra gravement; il ne voulut pas néanmoins s’arrêter, se chargea, comme les années précédentes, du Carême à Sainte-Barbe et parla dans diverses églises de Paris.
Les sollicitations de ses amis l’ayant enfin décidé à demander un congé pour le second semestre de son cours, il ne put se résoudre à une complète inaction, et prêcha la station de mai dans l’église de la Sorbonne, devant un auditoire plus que jamais empressé et nombreux : cet effort acheva de le briser.
Forcé de quitter Paris aux approches de l’hiver, il publia auparavant sous ce titre : Une station à la Sorbonne^ ses cinq derniers sermons (1), et les Entretiens sur t Église catholique^ le plus important de tous ses ouvrages (2), « qui n’est point un traité « de théologie, mais un éclaircissement sérieux « offert à un homme du monde sur les origines, la (( constitution et l’avenir de l’Église ».
A Pau, au milieu de ses continuelles souffrances, il fit beaucoup de bien autour de lui; il écrivit son dernier livre : la Pologne^ vendu au profit des pauvres polonais; enfin, il parla pour la dernière fois, la nuit de Noël, à la messe de minuit.
Lorsqu’il revint à Paris, le 9 avril 1865, il était dans un état désespéré...
(1) Marie, reine des Sciences, la Vie future, les Dons de F Esprit-Saint, F Histoire de la parole, l'Amour de Dieu et des hommes: trois de ces sermons avaient paru dans le Contemporain, revue A! Economie chrétienne.
(2) Composé des leçons de la première année de son cours.
NOTICE
II traça encore, d’une main défaillante, le plan d’un ouvrage destiné aux jeunes gens sur la vie religieuse et sociale.
Jusqu’au 26 juin, sa vie ne fut plus qu’une langueur douloureuse pendant laquelle il reçut avec une fervente humilité les sacrements de la sainte Église, et se préoccupa entièrement d’unir son sacrifice, comme chrétien et comme prêtre, à celui de Notre- Seigneur Jésus-Christ.
Consommatus in brevi, explevit tempora imilca. (1;
Les plus profonds regrets accompagnèrent sa mort, et les hommages, rendus à sa mémoire, furent nombreux et éclatants. Sa Grandeur Mgr Darboy, archevêque de Paris, et Mgr Maret, évêque de Sura, doyen de la Faculté de théologie, en l’église de la Sorbonne, déplorèrent publiquement sa perte prématurée (2); et le R. P. Gratry, après avoir, dans la même séance, (3) prononcé son éloge funèbre, le proposa en modèle
(î) Sap. lY, 13.
(2) Il n’avait que trente-quatre ans.
(3) Séance de l’ouverture du Cours de théologie, 5 dé-