‹ Lettres de l'abbé Henri Perreyve, 1850-1865Chapitre 7 sur 54 · AU MUSÉE DE NAPLES · texte numérisé non relu

AU MUSÉE DE NAPLES

Arrivé devant ce buste, j’ai été saisi d’admiration. Je renonce à le décrire, et puis je n’étais plus artiste, j’avais retrouvé un ami, un maître bien aimé (2). J’ai contemplé longtemps ces traits sublimes. Quelle âme! quelle vie immatérielle! la force et la pureté de l’intelligence s’y reflètent comme en un miroir. La tête

(1) Trouvé à lîerculanum, le 18 avril 1759.

(2) Henri Perreyve étudiait alors la philosophie avec ardeur sous la direction de M. Nourrisson ; il était en même temps dans sa première année de droit.

est lég?;rement inclinée comme celle d’un homme qui sort d’un rêve ou écoute un souvenir. Je ne puis croire que l’artiste n’ait pas pensé en ce moment au divin système de la réminiscence. Il y a sur ce front un effort calme qui dénote la richesse de l’âme et une pureté qui rayonne. Il y a une certaine recherche dans l’arrangement des cheveux et de la barhe : xoajxoç, harmonie, beauté; la beauté physique, expression de la beauté morale; l’une revêtant l’autre, ou plutôt toutes deux s’identifiant dans un même être relatif et fini pour y figurer l’éternelle beauté de Dieu. — Dieul voilà où il faut arriver enfin quand on a vu Platon.

Notes de voyage,

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