‹ Lettres de L. Euler a une princesse d'AllemagneChapitre 117 sur 130 · CREPUSCULE · texte numérisé non relu

CREPUSCULE

trouve encore actuellement au-dessous de l’horizon, ou bien, ce qui revient au même, au-dessous de la ligne horizontale OMV.

V. Cependant, parce que le rayon MO qui entre dans nos yeux est horizontal, nous rapportons dans notre jugement le soleil à la meme direction , et nous nous imaginons qu’il se trouve en V, ou bien dans l’horizon, quoiqu'il soit actuellement audessous de l’horizon. Aussi, réciproquement, toutes les fois que nous voyons le soleil ou tout autre astre dans l’horizon , nous devons juger qu’il s’v trouve actuellement au-dessous, selon l’angle SMV, que les astronomes ont observé être environ d’un demi-degré, ou plus exactement de 3a minutes.

VI. Donc le matin nous voyons déjà le soleil avant qu’il atteigne notre horizon , lorsqu’il est encore déprimé sous l’horizon d’un angle de 3a minutes; et le soir il nous parait plus longtemps qu’à son vrai coucher, puisque nous le voyons encore jusqu’à ce qu’il soit descendu à un angle de 3a minutes. On nomme vrai lever ou coucher du soleil, lorsqu’il se trouve actuellement dans l’horizon; mais lorsqu’il commence à paraître le matin , ou à disparaître le soir, c’est le lever ou coucher apparent.

Vil. Cette réfraction de l’atmosphère, qui fait que le lever apparent du soleil précède son véritable coucher, cette réfraction, dis-je, nous procure cet avantage de jouir de jours plus longs qu’ils ne le seraient sans cet effet de l’atmosphère. Voilà donc l’explication d’un phénomène bien important.

lll' PARTIE. LETTRE Cil.

(... nui I76S.)

Sur ce que les astres nous paraissent plus élevés qu’ils ne le sont effectivement, et sur la table des réfractions.

V. A. vient de comprendre un effet bien singulier de notre atmosphère, par lequel nous voyons le soleil et tous les autres corps célestes dans l’horizon, quand ils se trouvent encore actuellement plongés au-dessous, et qu’ils nous seraient absolument invisibles sans la réfraction de l’atmosphère. C’est aussi par la même raison que le soleil, ainsi que toutes les étoiles, nous paraissent toujours plus élevées audessus de l’horizon qu’elles ne le sont effectivement; ce qui fait que l’on doit soigneusement distinguer la hauteur apparente d’une étoile, de sa véritable hauteur à laquelle elle paraîtrait, s’il n’y avait point d’atmosphère. Je vais mettre ceci dans tout son jour.

i. Que l’arc AOB (Jig . ia6) soit une partie de la surface de la terre, et O le lieu où nous nous trouvons, par lequel on tire une ligne droite HOR qui touche la surface de la terre, et cette ligne HOR nous indiquera le véritable horizon. Ou bien qu’on érige en O verticalement la ligne droite OZ, qui est la même qu’un fil suspendu et chargé d’un poids indiqué : cette ligne est nommée ici verticale, et le point du ciel Z, auquel elle aboutit, porte le nom de zénith. Or, cette ligne OZ est perpendiculaire sur

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