‹ Lettres de L. Euler a une princesse d'AllemagneChapitre 118 sur 130 · DES RÉFRACTIONS ASTRONOMIQUES · texte numérisé non relu

DES RÉFRACTIONS ASTRONOMIQUES

l'horizontale HOR , de sorte que l’une étant connue, on peut aisément déterminer l’autre.

If. Cela posé, soit une étoile en S (Jig . 127); et s’il n’y avait point d’atmosphère, le rayon SMO pas* serait en ligne droite à l’œil O, et nous la verrions dans la même direction OMS où elle se trouve actuellement, ou bien nous la verrions dans son véritable lieu. Alors on mesure l’angle SOR que fait le rayon SO avec l’horizon OR, et cet angle est nommé la hauteur de l’étoile, ou son élévation audessus de l’horizon. Ou bien on mesure l’angle SOZ que fait le rayon SO avec la ligne verticale OZ, dirigée vers le zénith ; et puisque l’angle ZOR est droit, ou de 90 degrés, on n’a qu’à soustraire l’angle SOZ de 90 degrés , pour avoir l’angle SOR, qui donne la véritable hauteur de l’étoile.

III. Tenons maintenant compte de l’atmosphère que je suppose terminée par l’arc HDNMR , et je remarque d’abord que le rayon précédent de l’étoile SM, en entrant en M dans l’atmosphère, ne continue passa route vers l’œil en O, mais qu’à cause de la réfraction, il prendra un autre chemin, comme MP, et n’entrera point par conséquent dans nos yeux; de sorte que si l’étoile ne lançait que ce seul rayon SM vers la terre, elle nous serait absolument invisible. Or, il faut considérer que chaque point lumineux darde ses rayons en tout sens, desquels tout l’espace est rempli.

IV. Parmi tous les autres rayons il s’en trouvera donc quelqu’un, comme SN, qui en haut,' dans l’atmosphère en N, y est rompu ou réfracté, en sorte

que sa continuation NO passe précisément à l’œil O. Le rayon réfracté NO ne se trouve donc pas en ligne droite avec le rayon SM; et si l’on continue NO vers s, la continuation Nj fera un angle avec le rayon NS, savoir, l’angle SNj, qui est le même qu’on nomme la réfraction, et qui est d’autant plus grand que l’angle SNR, sous lequel le rayon SN entre dans l’atmosphère, est plus aigu, comme je l’ai remarqué dans la lettre précédente.

V. Par conséquent, c’est à présent le rayon NO qui dépeint dans nos yeux l’image de l’étoile S, et qui nous la rend visible; et comme ce rayon nous vient dans la direction NO, tout comme si l’étoile s’y trouvait, nous jugeons aussi actuellement l’étoile située dans la direction NO, ou bien dans sa continuation quelque part en s. Ce lieu s étant différent du véritable S , on nomme s le lieu apparent de l’étoile, qu’il faut bien distinguer du véritable lieu S où nous verrions l’étoile , s’il n’y avait point d’atmosphère.

VI. Maintenant, puisque nous voyons l’étoile par le rayon NO, l’angle NOR que fait ce rayon NO avec l’horizon est la hauteur apparente de l’étoile; et quand on mesure, par le moyen des instruments propres à cette opération, l’angle NOR, on dit qu’on a trouvé la hauteur apparente de l’étoile; la hauteur véritable étant, comme nous venons de le voir, l’angle ROS.

VII. De là il est évident que la hauteur apparente RON est plus grande que la hauteur véritable ROM, de sorte que les étoiles nous paraissent plus élevées

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