DES RÉFRACTIONS ASTRONOMIQUES
au-dessus de l’horizon qu’elles ne le sont en effet, et que cela arrive par la même raison que les étoiles nous paraissent déjà dans l’horizon, quand elles sont encore au-dessous. Or, l’excès dont la hauteur apparente surpasse la véritable est l’angle MON, qui ne diffère pas de l’angle SNj, qu’on nomme la réfraction. Car, quoique l’angle SN.r, comme étant l’externe au triangle SNO, soit égal aux deux internes opposés SON et NSO pris ensemble, il faut considérer qu’à cause du terrible éloignement des étoiles, les lignes OS et NS sont parallèles, et conséquemment l’angle OSN s’évanouit; de sorte que l’angle SON est presque égal à l’angle de réfraction SN.r.
VIII. Ayant donc trouvé la hauteur apparente d’une étoile, il en faut retrancher la réfraction pour avoir sa véritable hauteur, qu’il n’est pas possible de connaître autrement que par ce moyen.
Pour cet effet, les astronomes se sont donné beaucoup de peine afin de découvrir exactement la réfraction qu’il faut retrancher de chaque hauteur r
apparente, ou dont il faut baisser davantage le lieu apparent de l’étoile pour avoir son véritable.
IX. Après une longue suite d’observations, ils ont enfin dressé une table qu’on nomme la table de réfraction, qui marque pour chaque hauteur apparente la réfraction ou l’angle qu’il faut en retrancher.
Ainsi, lorsque la hauteur apparente est nulle, ou que l’étoile parait dans l’horizon, la réfraction est de 3a minutes dont il faut baisser l’étoile sous l’horizon. Mais, pour peu que l’étoile paraisse élevée au-dessus de l’horizon, la réfraction devient beau-
coup moindre. A la hauteur de 1 5 degrés, la réfraction n’est plus que de 4 minutes; à la hauteur de 4o degrés, elle n’est que d’une minute; et pour de plus grandes hauteurs, la réfraction devient de plus en plus petite, jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse entièrement à la hauteur de 90 degrés.
X. Cela arrive lorsqu’une étoile est vue dans le zénith même ; car alors sa hauteur est de 90 degrés, et la hauteur véritable est la même que l’apparente. Ou bien, nous sommes assurés qu’une étoile que nous voyons dans le zénith s’y trouve actuellement , et que la réfraction de l’atmosphère n’en change point la place , comme il arrive dans toutes les autres situations.