‹ Lettres de L. Euler a une princesse d'AllemagneChapitre 18 sur 130 · DE LA VISIBILITÉ DES COBPS OPAQUES · texte numérisé non relu

DE LA VISIBILITÉ DES COBPS OPAQUES

muniquer à l’air un semblable mouvement de vibration , qui, étant transmis à l’oreille, y excite le sentiment d’un son que cette même corde rend.

Or, de la même manière qu’une corde excite dans l’air un tel mouvement, il s’ensuit réciproquement qu’un tel mouvement dans l’air est aussi capable d’agir sur la corde et de la faire trembler. Donc, puisqu’il est certain qu’un bruit est capable de mettre en mouvement les cordes d’un clavecin pour les faire résonner, la même chose doit aussi avoir lieu dans les objets de notre vue.

Les corps colorés sont semblables aux cordes d’un clavecin, et les différentes couleurs aux sons différents, par rapport au grave et à l’aigu. La lumière dont ces corps sont éclairés est analogue au bruit auquel le clavecin est exposé; et comme ce bruit agit sur les cordes, la lumière dont un corps est éclairé agira d’une manière semblable sur les moindres particules dans la surface de ce corps; et en leur faisant rendre des vibrations, il en nait des rayons, tout de même que si ces particules étaient lumineuses; la lumière n’étant autre chose que le mouvement de vibration des moindres particules d’un corps communiquées à l’éther, qui les trans'met ensuite jusque dans les yeux.

Après cet éclaircissement, il me semble que tous les doutes que V. A. pourrait encore avoir eus sur mon système des couleurs doivent s’évanouir. Au moins jeme flatte d’avoir aussi bien établi le vrai principe de toutes les couleurs différentes, qu’expliqué comment ces couleurs nous deviennent visibles par la

seule lumière dont les corps sont éclairés, à moins que les doutes ne roulent sur quelque autre article (jue je n’ai pas touché.

( 16 juin 1761.)

Sur les merveilles de la voix humaine.

Lorsque j’ai eu l’honneur d’expliquer à V. A. la théorie des sons, je n’en ai considéré qu’une double différence : la première regardait la force des sons, où j’avais remarqué qu’un son est d’autant plus fort que les vibrations qui en sont excitées dans l’air sont violentes; de là le bruit d’un canon ou le son d’une cloche est plus fort que le son d’une corde ou d’un homme qui parle.

L’autre différence est tout à fait indépendante de celle-ci, et se rapporte au gr;Ée et à l’aigu des sons, par laquelle nous disons que certains sons sont hauts et d’autres bas. Par rapport à cette différence, j’avais remarqué qu’elle dépend du nombre des vibrations qui s’achèvent dans un certain temps, comme dans une seconde ; de sorte que plus ce nombre est grand, plus le son est haut ou aigu; et plus il est petit, plus le son est bas ou grave.

V. A. comprend qu’un même ton peut être fort ou faible ; et uous voyons aussi que 1 e forte et le piano , dont les musiciens se servent , ne changent rien dans

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