‹ Lettres de L. Euler a une princesse d'AllemagneChapitre 43 sur 130 · DES PARALLÈLES ET DES MÉRIDIENS · texte numérisé non relu

DES PARALLÈLES ET DES MÉRIDIENS

teur; d’où il est clair que tous les points d’un parallèle sont aussi également éloignés des pôles de la terre.

Comme on peut tirer par chaque lieu de la terre un tel parallèle, on peut concevoir une infinité de parallèles qui tous diffèrent entre eux par rapport à la latitude, chacun ayant une latitude, soit boréale, soit australe, qui lui est propre.

V. A. comprend aussi que plus la latitude est grande, ou plus on approche de l’un des pôles, plus les parallèles deviennent petits, jusqu’à ce qu’enfin aux pôles mêmes, où la latitude est de 90°, ces parallèles se réunissent dans un seul point. Mais, au contraire, plus on approche de l’équateur, ou plus la latitude est petite, plus aussi les parallèles sont grands; et ils se confondent enfin avec l’équateur même, lorsque la latitude est zéro ou nulle. C’est aussi par la latitude qu’on distingue ces parallèles : ainsi, le parallèle de 3o est celui qui passe par tous les lieux dont la latitude est de 3o°, où l’on doit pourtant s’expliquer si l’on parle d’une latitude boréale, ou d’une latitude méridionale.

En consultant les cartes géographiques, V. A. verra que Hanovre est situé sous le même parallèle que Berlin, la latitude de l’un et de l’autre étant 5o° 3 1 ', et que de même les villes de Brunswick et d’Amsterdam tombent presque sous le même parallèle, mais que les méridiens qui passent par ces endroits sont différents. Or, connaissant tant le méridien que le parallèle sous lequel un lieu est situé, on en connaît la véritable place sur la terre.

Si l’on nous disait, par exemple, qu’un certain endroit est situé sous le méridien BNA et sous le parallèle FLG, on n’aurait qu’à voir où le méridien BNA est coupé par le parallèle FLG, et l’intersection 1 donnera la véritable place de l’endroit proposé.

C’est aussi de ce moyen dont se servent les géographes pour déterminer la véritable position de tous les endroits de la terre. Il ne s’agit que d’en connaître le parallèle ou sa latitude, et le méridien qui lui répond. Pour le parallèle, il est aisé de le remarquer et de le distinguer de tous les autres parallèles; on n’a qu’à indiquer la latitude ou la distance de l'équateur, qui sera ou boréale ou méridionale : mais comment pourra-t-on décrire un méridien et le distinguer de tous les autres? Tous les méridiens se ressemblent parfaitement, ils sont tous égaux entre eux, et aucun ne porte une marque essentielle préférablement aux autres. Il dépend donc uniquement de notre bon plaisir de choisir un certain méridien et de le fixer, pour en compter tous les autres. Si, par exemple, dans la figure citée au commencement de celte lettre, on choisissait le méridien BDA, il serait aisé de nous donner une description de tout autre méridien, comme BMA : on n’aurait qu’à nous indiquer dans l’équateur l’arc DM compris entre le méridien fixe BDA et celui dont il est question BMA, pourvu qu’on ajoute en quel sens on doit partir du méridien fixe pour passer à l’autre, si c’est vers l’orient ou vers l’occident.

On nomme ce méridien fixe, duquel on compte

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