DES PARALLÈLES ET UES MÉRIDIENS
tous les autres, le premier méridien; et puisque le choix de ce premier méridien dépend de notre bon plaisir, V. A. ne sera point surprise que les diverses nations ne sont pas d’accord là-dessus. Les Français ont choisi pour cet elîet l’île de Fer, qui est une des îles Canaries; et c’est par cette île qu’ils tirent leur premier méridien. Les Allemands et les Hollandais font passer leur méridien par une autre île des Canaries, qui est nommée Ténêriffe ( i ). Mais, soit qu’on suive les Français ou les Allemands, il faut toujours bien remarquer sur l’équateur le point par lequel le premier méridien passe; et de ce point on compte ensuite, par degrés, les points par lesquels passent tous les autres méridiens, et tant les Français que les Allemands sont d’accord de compter de l’occident vers l’orient.
Ainsi, si dans notre figure le demi-cercle BDA était le premier méridien, et que les points de l’équateur M et N fussent situés vers l’orient; pour marquer tout autre méridien BMA, on n’a qu’à indiquer la grandeur de l’arc DM, et cet arc est ce qu’on, nomme la longitude de tous les lieux situés sous le méridien B.MA. S’il était question des lieux situés sous le méridien BNA, leur longitude serait l’arc de l’équateur DN, exprimé en degrés, minutes et secondes.
(i) Aujourd’hui les Français prennent pour premier méridien celui de l’Observatoire de Paris; et les Anglais, celui de l'Observatoire de Greenwich.
(I” M»pteinbre 1701.)
Sur le choix du premier méridien.
V. A. sera maintenant parfaitement instruite sur ce qu’on nomme la latitude et la longitude d'un lieu sur la terre. La latitude se compte sur le méridien du lieu proposé jusqu’à l’équateur, ou bien elle est la distance du parallèle qui passe par le lieu proposé à l’équateur; ou, pour ôter toute ambiguïté, il faut ajouter si cette distance ou latitude est boréale ou méridionale.
Pour la longitude, il faut voir combien le méridien du lieu proposé est éloigné du premier méridien, et on compte cet éloignement sur l’équateur, depuis le premier méridien jusqu’au méridien proposé, en allant toujours de l’occident à l’orient; ou bien la longitude est la distance du méridien du lieu proposé depuis le premier, en oomptant les degrés sur l’équateur, comme je viens de le dire.
On compte donc toujours du premier méridien vers l’orient ; d’où V. A. comprend que quand on aura compté jusqu’à 36o degrés, on retournera précisément au premier méridien , puisque 36o degrés achèvent toute la circonférence de l’équateur: donc, quand on parle d’un endroit dont la longitude serait 35g degrés, le méridien de cet endroit ne sera éloigné du premier méridien que d’un degré,