DU TÉMOIGNAGE DES SENS
choses; enfin, je le tiçgwpar le témoignage de personnes dignes de foi , ou je le crois par des raisons solides, c’est la preuve de la troisième classe.
(7 «tHI 1781.)
Sur la première classe de nos connaissances, et en particulier sur la. conviction qu’il existe réellement hors de nous des choses qui répondent aux idées que les sens représentent. Objections des pyrrhoniens contre cette conviction , et réponse à cette objection. ,
On compte dans la première classe de nos connaissances celles que nous acquérons immédiatement par le moyen de nos sens : or, j’ai déjà remarqué que nos sens fournissent non-seulement à notre âme certaines représentations relatives aux changements opérés dans une partie de notre cerveau , mais qu’ils excitent aussi dans notre âme une conviction qu’il y a actuellement hors de nous des choses réelles qui répondent aux idées que les sens nous présentent.
On compare communément notre âme à un homme renfermé dans une chambre obscure, où les images des objets de dehors sont représentées sur la muraille par le moyen d’un verre propre à cet effet. Cette comparaison est assez juste, en tant que cet homme contemple les images sur la muraille; et cet acte est assez semblable à celui de notre âme, quand
elle contemple les impressions faites dans le cerveau : mais cette même comparaison me parait trèsdéfectueuse pour ce qui regarde la conviction , qu’jl existe réellement de tels objets qui occasionnent ces images.
L’homme renfermé soupçonnera bien l’existence de ces objets; et s’il n’en doute point, c’est qu’il a été dehors, et qu’il a vu ces objets; outre que, connaissant la nature de son verre, il sait que rien ne saurait être représenté sur la muraille, que les images des objets qui se trouvent effectivement hors de la chambre devant le verre. Mais l’âme n’est pas dans ce cas, elle n’a jamais été hors de son siège pour envisager les objets mêmes; et encore moins connaîtelle la construction des organes sensitifs , et les nerfs qui aboutissent dans le cerveau. Cependant elle est beaucoup plus fortement convaincue de l’existence réelle des objets, que notre homme renfermé ne saurait jamais l’être. Je ne redoute là-dessus aucune objection; la chose étant trop claire d’elle-même, quoique nous n'en connaissions point le véritable fondement. Personne n’en a jamais douté , excepté quelques visionnaires qui se sont égarés dans leurs rêveries. Quoiqu’ils aient dit qu’ils doutaient des choses hors d’eux, ils n’en ont pas douté en effet; car pourquoi l'auraient-ils dit, s’ils n’avaient pas cru l’existence d’autres hommes , auxquels ils voudraient communiquer leur sentiment bizarre?
Cette conviction sur l’existence des choses dont les sens nous représentent les images se trouve nonseulement dans tous les hommes de tout âge et de