‹ Lettres de L. Euler a une princesse d'AllemagneChapitre 57 sur 130 · DES AIMANTS EN FER A CHEVAL · texte numérisé non relu

DES AIMANTS EN FER A CHEVAL

dans l’état auquel ils ont été forcés; mais ils sont pourtant assujettis» quelque dérangement dès que la force cesse d’y agir, mais d’autant moins que l’acier est plus dur. C’est aussi la raison pour laquelle les aimants artificiels doivent être faits d’un acier très-bien trempé; si on les faisait de fer, ils acquerraient bien d’abord une très-grande force, étant appliqués aux barres magnétiques; mais aussi, au même moment qu’on les en détacherait, toute la force s’évanouirait subitement. C’est pourquoi il faut aussi prendre des précautions en détachant des barres les aimants faits d’un acier bien trempé. Pour cet effet, avant que de les en séparer, on y pose leurs supports faits d’un fer bien mou, selon la ligne MN dans la jig. 48, en prenant garde que le support ne touche point les barres, ce qui gâterait tout , et nous obligerait de recommencer les opérations. Alors une bonne partie de la matière magnétique qui circule dans l’aimant GH1 prendra sa route par le support, et formera un tourbillon à part, qui se conservera aussi après la séparation.

Ensuite on pousse lentement le support sur les jambes de l’aimant jusqu’aux bouts, comme on voit par la figure citée; et dans cet état on le laisse reposer pendant quelque temps, afm que le tourbillon s’affermisse de plus en plus. On charge aussi le support d’un poids P, qu’on peut augmenter tous les jours; et on comprend aussi aisément que le support doit être tellement ajusté, qu’il touche parfaitement les pieds de l’aimant.

( 8 décembre 1761.)

Sur la dioptrique ; des instruments qu’elle nous fournit pour renforcer notre vue ; des télescopes et des microscopes. Des différentes figures qu’on donne aux verres ou lentilles (i).

Je crois que les merveilles de la dioptrique seront un sujet assez digne de l’attention de V. À. La dioptrique nous fournit deux sortes d’instruments composés de verres, qui servent à augmenter notre vue pour découvrir des objets qui échapperaient à la vue simple.

II y a deux cas où notre vue a besoin de secours : le premier est lorsque les objets sont trop éloignés de nous pour que nous puissions les voir distinctement ; tels sont les corps célestes, sur lesquels on a fait les plus importantes découvertes par le moyen de ces instruments de dioptrique. V.A. se souviendra, par exemple, très-bien de ce que j’ai eu l’honneur de lui dire sur les satellites de Jupiter, qui nous conduisent à la découverte de la longitude : ils ne sont visibles que par le secours de bonnes lunettes, et les satellites de Saturne en demandent encore de plus excellentes.

Tels sont encore, sur la surface de la terre, les

(i) Voyez dans la lr* partie (tomel) les lettres XXXIX à

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