‹ Lettres de L. Euler a une princesse d'AllemagneChapitre 59 sur 130 · DES VERBES CONVEXES · texte numérisé non relu

DES VERBES CONVEXES

OE ne souffrira aucune réfraction , mais continuera sa roule à travers du verre, suivant la direction FJP. Les deux autres rayons OM et ON , en passant vers les bords du verre, y seront rompus, tant en entrant qu’en sortant; de façon qu’ils concourront quelque part eu .1 avec l’axe, et continueront ensuite leurs routes dans les directions JQ et JR : on peut aussi prouver que tous les autres rayons qui tombent entre M et N seront rompus; eu sorte qu’ils se réunissent avec l’axe au même point J. Donc les rayons, qui sans l’interposition du verre auraient continué leurs routes rectilignes OM et OIN, suivront après la réfraction d’autres routes, tout comme s’ils étaient partis du point J; et s’il y avait un œil quelque part en P, il en serait affecté de la même manière que si le point lumineux éta^l actuellement en J, quoiqu’il n'y ait rien de réel. IV. A. n’a qu’à supposer pour un moment qu’il y ait en J un objet réel, lequel, répandant ses rayons, serait également vu d’un œil placé en P, comme il voit à présent l’objet en O par les rayons rompus par le verre. Par celle raison, qu’il y ait en J une image de l’objet O , et (pie le verre AB y représente l’objet O, ou le transporte presque en J, ce n’est plus le point O qui est l’objet de la vue, c’est plutôt son image représentée en J qui en est l’objet immédiat.

Voilà donc un changement bien considérable que ce verre produit, par lequel un objet fort éloigné O est subitement transporté en J, d’où l’œil doit sans doute recevoir une tout autre impression (pie si l’on ôtait le verre, et (pic l’œil vit immédia-

teuienl le vrai objet O. Que V. A. considère en O une étoile, puisque nous supposons que le point O est extrêmement éloigné, le verre nous représentera en J une image de cette étoile; mais une telle image qu’on ne saurait toucher, et qui en effet n’a aucune réalité; puisqu’il n’y a rien de réel en J, si ce n’est que les rayons partis du point ü sont rassemblés en J par la réfraction du verre. Il ne faut pas s’imaginer non plus que l’étoile nous paraîtrait de la même manière que si l’objet ou l’étoile existait réellement en J. En effet, un corps plusieurs nrtiiliers de fois plus grand que la terre, comment pourrait-il exister en J ? tous nos sens en seraient frappés bien autrement : il faut donc bien remarquer que ce n’est qu’une image représentée en J , à peu près semblable à l’image d’une étoile représentée dans le fond de l’œil, ou bien à celle que nous voyons dans un miroir, dont l’effet n’a rien de surprenant.

(19 drcrnibre 1761.)

Sur le même sujet , et de la distance de foyer des verres convexes.

Je vais exposer à V. A., dans cette lettre-ci, l’effet que produisent les verres convexes, ou ceux qui sont plus épais par le milieu que vers les bords. 11 est

Page 1