UES VERRES CONVEXES
vrai que tout revient à déterminer le changement que les rayons souffrent dans leur route, lorsqu’ils passent pai un tel verre. Pour mettre cette recherche dans tout son jour, il faut bien distinguer deux cas : l’un où l’objet est fort éloigné du verre, et l’autre où il. en est assez proche. .le considérerai donc d’abord le premier cas, où l’objet est extrêmement éloigné du verre. . *
Dans la fig. 60, .MN est le verre convexe, et la droite OAB.IS son axe qui passe perpendiculairement par le milieu du verre : remarquons, en passant, que cette propriété que l’axe de chaque verre passe perpendiculairement par son milieu, nous en donne la plus juste idée qu’on puisse s’en former. Concevons maintenant que sur cet axe il se trouve quelque part en O un objet OP, que je représente ici comme une ligne droite, quelque figure qu’il puisse d’ailleurs avoir; et, comme chaque point de .cet objet lance ses rayons en tout sens, il ne s’agit ici que de ceux qui tombent sur le verre.
Premièrement, je bornerai mes réflexions sur ceux qui proviennent «du point O, situé dans l’axe même du verre. La figure nous représente trois de ces rayons, OA, OM et ON, dont le premier, OA, passant par le milieu du verre, ne souffre aucun changement dans sa route, qu’il continue après avoir traversé le verre selon la première direction BJS, c’est-à-dire dans l’axe du verre; mais les deux autres rayons OM et ON souffrent une réfraction, tant en entrant qu’en sortant du verre, par laquelle ils sont détournés de leur première route; de façon
qu’ils se réuniront quelque pari en J avec l'axe, d’où ils continueront leurs nouvelles routes dans les ligues droites MJQ et i\JR ; de sorte que dans la suite, lorsqu’ils rencontreront un œil, ils y produiront le même effet, comme si le point O existait actuellement en J, puisqu'ils tiennent fci même route. Par cette raison, on dit que le verre convexe transporte l’objet de O en J; mais, pour distinguer ce point J du vrai point O, on nomme celui-là l’image de celui-ci, qui à son tour est uommé l’objet.
Ce p’oint J est très-remarquable; et lorsque l’objet O est extrêmement éloigné, l’image en est aussi nommée le foyer du verre; j’en expliquerai la raison à Y. A. Si c’est le soleil qui tient lieu d’objet en O, les rayons qui tombent sur le verre en sont tous réunis dans le lieu J ; et, comme ils sont extrêmement forts et doués de la qualité d’échauffer, il est naturel que la réunion de tant de rayons qui se fait en J doit y produire un très-haut degré de chaleur, capable de brûler les choses combustibles qu’on met en J. Or, un tel lieu, où tant de chaleur est réunie, se nomme un foyer; la* raison de cette dénomination à l’égard des verres convexes est évidente. C’est pourquoi un tel verre convexe est aussi nommé un verre aident, dont les effets sont'sans doute bien connus à V. A. : je remarque seulement que cette propriété de réunir les i-ayons du soleil dans un certain point qu’on nomme leur foyer, convient à tous les verres convexes; ils réunissent aussi .les rayons de la lune, des étoiles, et de tous les corps fort éloignés, dans le même lieu ; et quoique leur