DES LUNETTES DE POCHE
(8 février 1765.)
Sur les lunettes d’approche ou de poche.
Ort ne sait pas trop à qui nous sommes redevables de la découverte des télescopes, si c’est à un artisan hollandais, ou à un Italien nommé Porta. Quoi qu’il en soit, il y a à peu près t5o ans qu’on a commencé à faire de petites lunettes de poche, composées de deux verres, dont l’un était convexe et l’autre concave. U semble que le pur hasard est le seul à qui l’on soit redevable d’une découverte si utile. On a pu, sans aucun dessein, ou rapprocher ou éloigner deux verres, jusqu’à ce que les objets aient paru distinctement.
Le verre convexe PAP (fig. 80) est dirigé vers l’objet , et c’est au verre concave QBQ qu’on applique l’œil; par cette raison, le verre PAP est nommé l 'objectif et le verre QBQ X oculaire. Ces deux verres sont disposés sur le même axe AB, qui est perpendiculaire sur l’un et l’autre verre, et passe par le milieu. La distance de foyer du verre convexe PAP doit être plus grande que celle du verre concave, et les verres doivent être disposés en sorte que si AF est la distance du foyer de l’objectif PAP, le foyer de l’oculaire QBQ tombe dans le même point F, et ainsi l’intervalle entre les verres AB est la différence
entre les distances de foyer de ces deux verres, AF étant la distance de foyer de l’objectif, et BF celle de l’oculaire. Quand les verres sont placés, ceux qui ont la vue bonne verront fort bien les objets éloignés, et ils leur paraîtront autant de fois plus grands que la ligne AF est plus grande que BF. Ainsi, prenant la distance de foyer de l’objectif de 6 pouces, et celle de l’oculaire de i pouce, les objets seront grossis 6 fois, ou paraîtront sous un angle 6 fois plus grand qu’à la vue simple; et dans ce cas l’intervalle entre les verres A, B sera de 5 pouces, ce qui est en même temps la longueur de la lunette. V. A. sent bien, sans que je lui dise, que ces deux verres sont enchâssés dans un tuyau de la même longueur, quoique je ne l’aie pas exprimé dans la figure.
Après avoir exposé de quelle manière les deux verres doivent être joints ensemble pour qu’il en résulte un bon instrument, il y a deux choses que je dois faire remarquer à V. A.: l’une, pourquoi ces verres nous représentent distinctement les objets, et l’autre, pourquoi ils paraissent autant de fois grossis que la ligne AF surpasse la ligne BF. Par rapport à la première, il faut remarquer qu’une bonne vue voit mieux les objets, lorsqu’ils sont si éloignés qu’on puisse regarder les rayons qui tombent dans l’œil comme parallèles entre eux.
Considérons donc un point V (Jig. 8i) dans l’objet vers lequel est dirigée la lunette; et, puisqu’on le suppose fort éloigné, les rayons qui tombent sur l’objectif PQ, OA, PQ, seront presque pa-