OU CHAMP APPARENT
tant de fois plus grand que l’angle C, que le rayon CM est plus grand que le rayon cm : ou bien, pour parler en géomètre, les angles sont réciproquement proportionnels aux rayons lorsque les arcs sont égaux.
XIV. Cette dernière considération me conduira à mon but, en y ajoutant cette réflexion, que lorsque les angles sont fort petits, comme cela arrive dans les lunettes de poche, alors les arcs MN et mn ne diffèrent pas sensiblement de leurs cordes, ou des lignes droites MN et mn.
XV. Cela remarqué, retournons à la fig. 86 : les triangles FA/’ et FB/’ peuvent être considérés comme des secteurs où l’arc Vf est le même de part et d’autre. Par conséquent l’angle FB/ surpasse autant de fois l’angle FA/’que la distance AF surpasse la distance BF : ou bien l’objet Ee paraîtra dans la lunette sous un angle autant de fois plus grand que la distance de foyer de l’objectif AF surpasse la distance de foyer de l’oculaire BF ; ce qu’il fallait démontrer.
(13 f*rrirr 1763.)
Sur les defauts de ces lunettes de poche, et sur le champ apparent.
V. A. comprend aisément qu’on ne saurait prétendre de trop grands avantages de ces petites lunettes, et j’ai déjà remarqué qu’elles Dégrossissent
les objets que de dix fois. Si on voulait pousser leur force plus loin , non-seulement la longueur en deviendrait trop grande pour pouvoir les porter dans la poche, mais il y aurait encore d’autres défauts plus essentiels auxquels elles seraient sujettes; ce qui a obligé les artistes de renoncer tout à fait à cette espèce de lunettes, dès qu’on demande de plus grands effets.
Le principal de ces défauts consiste dans la petitesse du champ apparent , ce qui me conduit à expliquer à V. À. cet article important qui regarde toutes les lunettes. Quand on dirige un télescope ou une lunette vers le ciel, ou vers d’autres objets fort éloignés sur la terre, l’espace qu’on découvre parait sous la figure d’un cercle , et on ne voit que les objets qui se trouvent dans cet espace; de sorte que si l’on veut voir d’autres objets , il faut changer la position de l’instrument. Cet espace circulaire qui se présente aux spectateurs est nommé le champ apparent y ou simplement le champ de l’instrument: et V. A. conviendra aisément que c’est un grand avantage lorsque ce champ est fort grand, et qu’un très-petit champ est au contraire un grand défaut dans ces sortes d’instruments. Considérons deux lunettes qu’on ait dirigées vers la lune, et que par l’une on n’en découvre que la moitié, pendant que par l’autre on la voit tout entière avec les étoiles voisines; le champ de celle-ci est donc beaucoup plus grand que celui de celle-là. Celle qui présente un plus grand champ nous dispense non-seulement de l’embarras de changer si souvent de position,