DD CHAMP APPARENT
mais on jouit aussi d’un avantage très-grand, qui est qu’en voyant en même temps plusieurs parties de l’objet , on les peut comparer entre elles.
C’est donc une des plus grandes perfections d’une lunette ou d’un télescope, lorsqu’il donne un plus grand champ; par cette raison, il est très-intéressant de mesurer le champ de tous ces instruments. Dans cette vue , on se règle sur le ciel , et on détermine l’espace circulaire qu’on voit à travers une lunette, en mesurant le diamètre en degrés et minutes. Ainsi, comme le diamètre apparent de la pleine lune est environ d’un demi-degré, si une lunette ou un télescope ne découvre que la lune, on dit que le diamètre de son champ est un demi-degré : si l’on ne voyait à la fois que le quart de la lune, le diamètre du champ serait un quart de degré.
I,a mesure des angles nous fournil donc le moyen de mesurer le champ apparent, et la chose est d’ailleurs claire d’elle-même. Supposons , dans la fig. 90, que par l’instrument AB on ne voie que l’espace POP et les objets qui y sont contenus; cet espace étant un cercle, son diamètre sera la ligne POP, dont le milieu O se trouve dans l’axe de l’instrument. Tirant donc des extrémités PP les lignes droites PC, PC, l’angle PCP exprime le diamètre du champ apparent , et la moitié de cet angle OCP est nommée le demi-diamètre du champ apparent. De là V. A. comprendra parfaitement ce qu’on doit entendre, lorsqu’on dit que le diamètre du champ apparent d’un tel instrument est d’un degré, que celui d’un autre est de deux degrés, etc.; ou bien
en le marquant par minutes, de 3o minutes, qui font un demi-degré, ou de i5 minutes, qui font un quart de degré.
Mais, pour bien juger du mérite d’une lunette ou d’un télescope par rapport au champ apparent, il faut aussi avoir égard au grossissement de l’instrument , où cette maxime a généralement lieu , que plus un télescope ou une lunette grossit, plus le champ apparent doit nécessairement être petit: ce sont des bornes que la nature même prescrit. Concevons un semblable instrument qui grossit 100 fois; il est évident que le diamètre du champ ne saurait être de deux degrés ; car puisque cet espace nous paraîtrait 100 fois plus grand, il ressemblerait à un espace de aoo degrés, et ainsi plus grand que le ciel tout entier, qui d’un bout à l’autre ne contient que 180 degrés, et dont nous ne saurions découvrira la fois que la moitié tout au plus, ou bien un espace circulaire de 90 degrés en diamètre. Par là V. A. voit qu’un télescope qui grossit 100 fois ne nous saurait même découvrir un champ d’un degré, vu que ce degré multiplié 100 fois ferait plus que 90 degrés ; et ainsi une semblable lunette qui grossit 100 fois serait excellente si le diamètre de son champ était un peu moindre d’un degré , et la nature même de l’instrument ne souffre pas un effet plus grand.
Mais une autre lunette ou un télescope, qui ne grossirait que 10 fois, serait bien défectueux s’il ne découvrait qu’un champ d’un degré en diamètre, puisque ce champ, étant multiplié 10 fois, ne res-