DU DEGRÉ DE CLARTÉ
forme un nouveau cône mF/n, terminé parle verre oculaire , où il est évident que la base de ce cône mm est autant de fois plus petite que la largeur du faisceau PP, que la distance FB est plus courte que la distance AF.
III. Maintenant ces rayons Fm, F m, en passant par le verre oculaire QBQ, redeviennent de jnouveau parallèles entre eux , et forment le faisceau de rayons no , no, qui entrent dans l’œil , et y dépeignent l’image du point de l’objet d’où ils sont partis originairement.
IV. Tout revient à présent à l’épaisseur de ce faisceau de rayons no, no , qui entre dans l’œil 5 et si cette épaisseur nn ou oo est égale ou plus grande que l’ouverture de la pupille, la pupille en sera remplie, et l’œil jouira de toute la clarté possible, ou bien l’objet paraîtra avec autant de clarté que si on le regardait sans d’autre secours que celui des yeux.
V. Mais si l’épaisseur de ce faisceau nn ou oo était beaucoup plus petite que la pupille, il est évident que la représentation deviendrait d’autant plus obscure ; ce qui serait un grand défaut de la lunette. Donc, pour y remédier, il faut que l’épaisseur de ce faisceau ne soit pas plus petite que la moitié d’une ligne; et il serait bon si elle égalait une ligne entière, puisque c’est l’ouverture ordinaire de la pupille.
VI. Or, il est clair que l’épaisseur de ce faisceau tient un certain rapport à celle du premier faisceau, qu’il n’est pas difficile de déterminer : on n’a qu’à
voir combien de fois l’intervalle nn ou mm est plus petit que l’intervalle PP, qui est l’ouverture du verre objectif. Or, l’intervalle PP tient à mm la même proportion que la distance AF tient à BF, d’où dépend le grossissement; et ainsi le grossissement même nous montre combien de fois le faisceau LP, LP, est plus large que le faisceau no, no, qui entre dans l’œil.
VII. Donc, puisque la largeur nn ou oo doit être une ligne, ou au moins une demi-ligne, l’ouverture du verre objectif PP doit au moins contenir autant de demi-lignes que le grossissement indique; ainsi, quand la lunette doit grossir 100 fois, l’ouverture de son verre objectif doit avoir pour diamètre 100 demi-lignes, ou bien 5o lignes, qui font 4 pouces et a lignes (le pouce étant divisé en 12 lignes. )
VIII. Par là V. A. entend que, pour éviter l’obscurité, il faut que l’ouverture de l’objectif soit d’une certaine grandeur , qui doit être d’autant plus grande que le grossissement est grand. Et conséquemment, à moins que le verre objectif qu’on veut employer ne soit susceptible d’une si grande ouverture, la lunette sera défectueuse du côté de la clarté de la représentation.
Maintenant il est assez clair que pour des grands grossissements on ne saurait employer des petits objectifs, ou dont la distance de foyer est trop petite, puisqu’un verre formé par des arcs de petits cercles ne saurait avoir une grande ouverture.