‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 122 sur 253 · DE LA GA.RTE DES DECLIN AISONS · texte numérisé non relu

DE LA GA.RTE DES DECLIN AISONS

pesaée pour cette année , où nous verrions d'abord 5 deux lignes tracées par. les endroits ovi la débtiliflon est nulle ; ensuite aussi deux lignes où la kilinaison serait de 5®, de lo®, de i5®, de 20®, Dt occidentale qu'orientale .''supposons même le, pour une plus grande eiaetitude, ces lignes vent tirées de degré en degré y et que je me birve quelque part en mer ou dans. un pays inipnu , je tirerais donc d'abord une ligne méri* ifenne , pour voir combien ma boussole s'en 9Me, et je trouverais , par exemple , que la déclilispn est précisément de 10® vers l'est; klors je rendrais ma carte j j'y chercherais les deux lignes DUS lesquelles la déclinaison est de 10^ vers l'est, t je serais sûr que je me trouve sous l'une ou Taure de ces deux lignes, ce qui m'éclaircirait déjà Mucoup dans mon incertitude. Enfin, j'observe- "ais la hauteur du pôle, qui étant égale à la latitude lu lieu où je me trouverais , il ne me resterait plus |Q*à itiarquer sur les deux lignes mentionnées les mots donjt la latitude siérait la même que celle que c viens d'observer ; et alors toute mon incertitude «rait réduite à deux points très-élôignés l'un de *autre : or, les circonstances de mon voyage décideont ikisément lequel de ces deux lieux est celui où e tne trouve actuellement.

V. A. conviendra que celte méthode^serait presae la plus commode de toutes celles que j'ai eu Wineur d'expliquer, pourvu que nous eussions è telles cartes y> comme je viens de supposer. Mais *esi précisément ce (|ui nous manque; et, comme

2^2 . Hl* PARTIE. LETTRE XLI.

nous sommes encore fort éloignés de pouvoir dres- 8^9 pour un temps passé, une telle carte qui ne nous servirait à rien pour le'temfM présent , Aiute d'une suffisante quantité d^okservations , nous sommes encore moins instruits de tous les changements de la déclinaison KjM^i^haque endroit éprouve par la suite du temps. Les c^ervàtions faites jusqu'ici nous font voiç^ue quelques endroits sont assujettis à des^^^Shangements tiSès-conaîdcirableSy pendant que d'autres n^en souffrent presque, point dans le même intervalle de temps, ce qui nous ôtetoute espérance de pouvoir jamais profiter de cette méthode, quelque excellente qun^lle soit en elle-même.

^Um

LÇTTRE XLI.

V (30 octobre 1761.)

Pourquoi les aiguilles aimantées afrecteDt.en chaque liep de la terre une certaihe direction ; pourquoi cette direction est dii^ férenre en différetifs endroitl^ et par quelle raison -elle change au ménfe endroit avec le temps:

V. A. sera sans doute curieuse d'apprendre la raison pourquoi les aiguilles aimantées afiect£Dt en chaque lieu de la terre une certaine direction; pourquoi cette direction est différente en difFérenls lieux, et pourquoi au même lieu elle change avec k temps? Sur ces questions importantes; j'aurailTioDneur de dire tout ce que j'en sais, quoiqu'il s'en

faille peut-être beaucoup q^uë cela satisfasse la curioâté de V. A.

' D'abord je remarque que les aiguilles aimantées ont cette propriété commune avec tous les aimants, et que ce n'est que leur figure , propre à balancer sur UD pivot et y tourner librement , qui rend cette propriété plus marquée. Tout aimant étant suspendu par un fil se tourne toujours vers un certÛD côté; ou lorsqu'on le met dans un petit vaisseau, pour le faire nager sur l'eau j le vaisseau avec rûmant afTectera toujours une certaine direction. Deméme que dans les aiguilles qui ont deux bouts, dont l'un se dirige à peu près vers le nord et l'autre vers le sud, on remarqua la même chose dans chaque aimant qui pareillement est pourvu de deux pareils points semblables , dont l'un aiTecte*le nord et l'autre le sud, à peu près avec les mêmes variations que dans les aiguilles.

Ces points sont aussi très-sensibles dans chaque aimant , puisque c'est là où il attire le fer avec la plus grande force. On les nomme les pôles d'un aimant, en empruntant cette dénomination de celle des pôles de la terre ou du ciel, parce que l'un tâche de se diriger vers le pôle boréal, et l'autre vers le pôle austral ou méridional de la terre; ce qui ne doit s'entendre qu'à peu près, car lorsqu'on introduisit ces noms , la déclinaison n'était pas encore connue. L'un des deux pôles de l'aimant qui se dirige vers le nord est nommé le pôle boréal, et fautre qui se dirige vers le sud, le pôle méridional ou austral de l'aimant.

254 III* PARTIE. LETTKli: XLI.

J'ai déjà remarqué qu une aiguille aimantée, aussj bien que Faimant même, ne prend cette situation, qui lui parait naturelle, que lorsqu'elle se trouve* hors du voisinage de quelque autre aimant, ou du fer. Si une aiguille aimantée se trouve proche d'un aimant, jelle se règle dans sa situationsur les p^les de cet aimant; en sorte que le pôle bor^ de l'aimant attire le bout méridional de Taiguille, et réciproquement le méridional de l'aimant, le bout boréal de l'aiguille: c'est pourquoi, en rap* portant deux aimants ensemble, on nomme p61es amis ceux qui portent différents noms, et pôles ennemis, ceux du même nom. Cette propriété est très-remarquable lorsqu'on approche deux aimaoti l'un de l'autre; car alors on verra non-seulement que les pôles de différents noms s'attirent mutuelle* ment, c'est-à-dire le boréal de l'un et le méridional de l'autre, mais aussi que les pôles du même nom se fuient et se repous^nt l'un l'autre. On le voit encore plus distinctement lorsqu'on approche deux aiguilles aimantées l'une de l'autre.'

Pour notre dessein, il sera fort important debieD considérer la situation qu'une aiguille aimantée prend dans le voisinage d'un aimant.

Dans \^fig' 2 3, la barre AB représente un aimant dont le pôle boréal est en B, et le pôle mériâioml en A; V. A. voit plusieurs positions de l'aiguillé aimantée, que je représente par la figure d'une flèche, dont le bout marqué b est le pôle boréal, et a, le pôle méridional. Dans toutes ces positions, le bout i de l'aiguilie s'approche du pôle A de l'aimant, et le

ou MAGNÉTISME TERRESTRE. 255

x>ut a du pôle B. Le point c marque le pivot sur lequel TaiguiUe tourne; et V. A. n'a qu'à bien considérer la figure, pour juger quelle situation prendra Paiguille, en quelque lieu, autour de l'aimant, qu'on fixe le pitot c.

. Donc, s'il y avait quelque part un très-grand aimant kRy les aiguilles aimantées posées autour de lai prendraient en chaque endroit une certaine sitoatioD, comme nous voyons que cela arrive actuellement autour de la terre; ou bien, si la terre ellemême était cet aimant, on comprendrait pourquoi les aiguilles aimantées se disposent partout selon ane certaine direction. Aussi les physiciens, pour cx[diquer ce phénomène, soutiennent que toute la terre a la propriété d'un aimant, ou que nous la de- TODs .regarder comme un très-gratid aimant. Quelques-uns d'entre eux prétendent qu'il se trouve vers le centre de la terre un très-grand aimant qui exerce sa force sur toutes les aiguilles aimantées , et même sur tous les aimants qui se trouvent sur la surface de ia terre; et que c'est cette force qui les dirige en chaque lieu, selon les méoies directions que nous y observons.

Mais nous n'avons pas besoin de recourir à un tel aimant caché dans les entrailles de la terre; sa surface même est tellement remplie partout de mines de fer et d'aimants, que leur force réunie peut bien suppléer au défaut de ce prétendu grand aimant. En effet, on tire tous les aimants des mines; ce qui est une marque bien certaine que ces minéraux se trouvent très-abondamment dans les entrailles de la terre.

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