‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 13 sur 253 · DE LA CERTITUDE · texte numérisé non relu

DE LA CERTITUDE

LETTRE Ll.

( I4ârrill76!.)

Sur la certitude démonstrative, physique; en particulier sur

la certitude morale.

11 y a donc trois sources d'où nous tirons toutes les connaissances que nous devons regarder comme également certaines, pourvu qu'on prenne les précautions nécessaires qui nous garantissent de l'erreur. De là résultent trois espèces de certitudes.

Celle de la première source est appelée la certiiude physique. Quand je suis convaincu de la vérité d'une chose parce que je l'ai vue moi-même , j'en ai une certitude physique; et quand on m'en demande la raison, je réponds que mes propres sens m'en assurent, et que j'en suis ou que j'en ai été témoin moi-même. C'est ainsi que je sais que les Autrichiens ont été à Berlin, et que plusieurs d'eux y ont commis quantité de désordres; je sais aussi que le feu détruit toutes les matières combustibles, car je l'ai vu moimême, et j'en ai une certitude physique.

La certitude des connaissances que nous acquérons par le raisonnement est nommée certitude logique ou démonstrative^ parce que nous sommes convaii>cus de sa vérité par une démonstration. Les vérités de la géométrie peuvent ici servir d'exemples, et c'est une certitude logique qui nous en assure.

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