‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 138 sur 253 · DK L ARMATURE DES AIMANTS · texte numérisé non relu

DK L ARMATURE DES AIMANTS

et de couler le long de la plaque bb dans le pied B', où elle est bien obligée de soitir, n'y trouvant plus de K&£ pour y continuer son mouvement. De l'autiie côté , il en est de même ; toute la matière subtile y sera conduite par le pied A', d'où elle passera par la plaque cui^ en changeant de direction pour eatrer dans Faimant et y parcourir les canaux magnétiques : car, d'abord la matière subtile contenue dans la plaque entre dans Faimant, et à celle-ci succède celle qui se trouve dans le pied À', qui est remplacée par celle de dehors, laquelle, y étant poussée par l'élasticité de Féther, pénètre le pied A' et la plaque ati avec la plus grande rapidité, dont la force est capable d'y arranger les pôles et former des canaux vûfkgnétiques.

L'on voit pai* là que des deux côtés le mouvement doit être le même, avec cette seule différence que la matière magnétique entrera par le pied A^ et sortira par Fautre pied B', de sorte que c'est à présent dans ces pieds que se trouvent les pôles de l'aimant armé; et comme les pôles, qui étaient auparavant répandus par les faces AA et BB, iont à présent réunis dans les bases des pieds A et B, il.est très-naturel que la force magnétique dans ces nouveaux pôles doit être considérablement plus grande.

Aussi dans cet état le tourbillon magnétique ^ formera plus aisément; la matière magnétique qui sort par le pied B' Retournera aisément, -eu passas^ par C dans le pied A\ et le reste du corps de l'aimant ne sera plus entouré d'aucun tourbillon , si ce n'es^que quelque peu de matière Hiagnétique

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n'échappe par la plaque bb^ ne pouvant pas changer de direction si subitement y et qu'il en entre aussi quelque peu par la plaque oa, d'où naîtrait aussi un faible tourbillon qui conduirait la matière subtile immédiat eipent par la plaque bb en aa. Cependant, si l'armature est bien faite, ce second tourbillon est presque insensible, et par conséquent le courant entre les pieds d'autant plus fort.

La règle principale de bien arnjer les aimants est de bien polir tant les deux faces ÀA et BB de Faimant que les plaques de fer, de sorte qu'en les y appliquant elles touchent partout parfaitement l'aimant. La raison en est bien évidente, puisque la matière subtile passe aisément de l'aimant dans le fer, quand il n'y a point d'autre matière entre eux ; mais dès qu'il y aurait un vide ou de l'air entre l'aimant et les plaques, la matière magnétique y perdrait presque tout son mouvement; son cours serait interrompu^ et ne suffirait plus pour se frayer le chemin par le fer , en y formant des canaux magnétiques.

Outre cela, le fer le plus mou ou le plus doux est le plus propre pour ces armatures, puisque ses pores sont très-pliables, et se rangent fort aisément selon le courant de la matière magnétique ; aussi un tel fer parait-il très-propre à faire changer subitement la direction du courant; et il semble que la matière ngiagnétique affecte d'y poursuivre sa route aussi longtemps qu*il est possible, et qu'elle n'en sort que lorsqu'il ne lui est plus possible d'y copltouer sontBêuv^ment : elle aime mieux faire le plus grand

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