‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 147 sur 253 · DES AIMANTS EN FER A CHEVAL · texte numérisé non relu

DES AIMANTS EN FER A CHEVAL

des barres; et c'est la principale raison pourquoi on doit être pourvu de toutes sortes de barres.

Pour aimanter donc un tel fer à cheval HÏG (^. 47), qui doit être fait d'un acier bien trempé, on pose sur la table une paire de barres magnétiques âC et BD, avec leurs supports de fer doux appliqués des deux côtés , dont la figure ne représente que l'un EF , l'autre en ayant été ôté à mesure qu'on y a appliqué les pieds du fer à cheval , comme on le voit dans la figure. Dans cet état , la matière magnétique qui traverse les barres fera des efforts pour passer par le fer à cheval ; mais, à cause de la dureté de l'acier trempé , elle ne sera pas suffisante pour y ranger les pores et s'ouvrir un chemin. Il faut donc employer le même moyen dont on se sert pour ai* manterles barres. On prend un compas formé d'uae autre paire de barres magnétiques, et on le fiiit passer de la même manière sur le fer à cheval , en tournant les jambes du compas convenablement aux pôles du fer à cheval : de cette manière on y ouvrira les canaux magnétiques , et la matière sul> tile des barres , en les traversant , formera le tourbillon magnétique. Or, dans cette opération, il faut prendre garde que les jambes du compas, en les passant sur le fer à cheval, ne touchent point les bouts A et B des barres ; cela troublerait le counnit de la matière magnétique qui passerait immédiatement des barres dans les jambes du compas , ou bien les tourbillons des barres et du compas se dérangeraient mutuellement.

Par cette opération , le fer à cheval acqueri-a une

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grande force magnétique, étant traversé par un courant magnétique très-copieux; de sorte qu U ne s'ilgit piaintenant que de le détacher des barres, sans que le courant y soit dérangé. Si on Tarrachait ))njaquementy le tourbillon magnétique serait détruit, et notre aimant artificiel eu retiendrait trèspeu de force; ce que nous découvre aussi la nature du magnétisme.

Car puisque les canaux magnétiques ne se con- #erv«nt qu'en tant que la matière magnétique les travers^ actuellement, nous en concluons que les moindres particules qui forment par leurs pores ces €anaux se trouvent dans un état forcé, qui ne se maÎQtiei|t que tant que la force du tourbillon y agit; et dès que cette force cesse , ces particules, par leur élasticité, se détourneront tant soit peu de leur sîtuatioQ , et les canaux magnétiques seront subitement ij:iterrompus et détruits. Nous voyons cela frès-clairement dans le fer doux, dont les pores se rangent promptement à l'approche d'un tourbiUoo magnétique, mais ne conservent presque aucune force magnétique dès qu'on s'en éloigne ; oe qui prouve su(Iisainment que les pores du fer sont aisém^ent mobiles, mais en même temps doués d'un rassort qui en change d'abord la situation dès que la force cesse. Ce n'est qu'après un très-long temps que quelques pores sa fixent dans la position qui leur a été imprimée par la force magnétique, et cdà arrive surtout dans Les barres de fer exposées longtemps au tourbillon de la terre. L'acier a bien ses pores moins flexibles, et qui se maintiennent mieu\

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daos l'état auquel ils ont été forcés; mais ils sont pourtant assujettis à quelque dérangement dès que la force cesse d'y agir, mais d'autant moins que l'acier est plus dur. C'est aussi la raison pour laquelle les aimants artificiels doivent être faits d'un acier très*bien trempé; si on les faisait de fer 9 Us acquerraient bien d'abord une très -grande force, étant appliqués aux barres magnétiques; mais aussi, au même moment qu'on les en détacherait, toute la force s'évanouirait subitement. C'est pourquoi Q faut aussi prendre des précaution» en détachant des barres les aimants faits d'un acier bien trempé. Pcmr cet effet, avant que de les en séparer, on y pose leurs supports faits d'un fer bien mou , selon la ligne MN dans lay^. 48, en prenant garde que le support ne touche point les barres, ce qui gâtemil tout, et nous obligerait de recommencer les opérations. Alors une bonne partie de la matière magnétique qui circule dans l'aimant 6H1 prendra sa route par le support, et formera un tourbillon à part, qui se conservera aussi après la séparation.

Ensuite on pousse lentement le support sur les jambes de Faimant Jusqu'aux bouts, comme on voit par la figure citée; et dans cet état on le laisse reposer pendant quelque temps, afin quie le tourbillon s'afTermisse de plus en plus. On charge aussi le support d'un poids P, qu'on peut augmenter tousles jours; et on comprend aussi aisément que le support doit être tellement ajusté, qu'il touche parfaitement les pieds de l'aimant.

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(Sdëcembre 1761.)

Sur la dioptrique ; des instruments qu'elle nous fournit pour renforcer notre vue ; des télescopes et des microscopes. Des différentes figures qu'on donne aux verres ou lentilles (i).

Je crois que les merveilles de la dioptrique seront un sujet assez digne de l'attention de V. A. La dioptrique nous fournit deux sortes d'instruments composés de verres ^ qui servent à augmenter notre vue pour découvrir des objets qui échapperaient à la \ue simple.

Il y â deux cas où notre vue a besoin de secours: le premier est lorsque les objets sont trop éloignés de nous pour que nous puissions les voir distinctement; tels sont les corps célestes, sur lesquels on a fait les plus importantes découvertes par le moyen de ces instruments de dioptrique. Y. A. se souviendra, par exemple, très-bien de ce que j'ai eu l'honneur de lui dire sur les satellites de Jupiter, qui nous conduisent à la découverte- de la longitude : ils ne' sont visibles que par le secours de bonnes lunettes, et les satellites de Saturne en demandent encore de plus excellentes.

Tels sont encore, sur la surface de la terre, les

(i) Foyez dans la V^ partie (tomel) les lettres XXXIX*

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