LETTRE LVIII
(19 déoembra I76I.)
Sur le même sujet, et de la distance de foyer des verres
convexes.
Je vais exposer à V. A., dans cette lettre-ci, l'effet que produisent les verres convexes, ou ceux qui sont plus épais par le milieu que vers les bords. II est
vrai que tout revient à déterminer le changemait que les rayons souffrent dans leur route , lorsqu'ils passent pai un tel verre. Pour mettre cette recherche dans tout son jour, il faut bien distinguer deux cas : Tun où l'objet est fort éloigné du verre, et l'autre où il en est assez proche. Je considérerai donc d'abord le premier cas y où l'objet est extrêmement éloigné du verre.
Dans la^^. 60, MN est le verre convexe , et la droite OABJS son axe qui passe perpendictdaire» ment par le milieu du verre : remarquons , en passant, que cette propriété que Taxe de chaque verre passe perpendiculairement par son milieu, nous en donne la plus juste idée qu'on puisse s'en former. Concevons maintenant que sur cet axe il se trouve quelque part en O un objet OP, que je représente ici comme une ligne droite, quelque figure qu'il puisse d'ailleurs avoir; et, comme chaque point de cet objet lance ses rayons en tout sens, il ne s'agit ici que de ceux qui tombent sur le verre.
Premièrement, je bornerai mes réflexions sur ceux qui proviennent du point O, situé dans l'axe même du verre. La figure nous représente trois de ces rayons, OA, OM et ON, dont le premier, OA, passant par le milieu du verre, ne souffre aucun changement dans sa route, qu'il continue après avoir traversé le verre selon la première direction fiJS, c'est-à-dire dans l'axe du verre; mais les deux autres rayons OM et ON souffrent une réfraction, ^nt en entrant qu'en sortant du verre, par laquelle ''s sont détournés de leur première route; de façon