III* PARTIE. USTTRE LVIII
qu'Us se réuniront quelque pari en J avec Taie, d'où ils oontinueront leurs nouvelles routes dans les lignes droites MJQ et NJR ; de sorte que dans la suite y lorsqu'ils rencontreront un œil, ils y produiront le même effet, comme si le point O existait actuellement en J, puisqu'ils tiennent la même route. Par cette raiscm , on dit que le verre convexe transporte l'objet de O en J; mais, pour distinguer ce point J du vrai point O, on nomme celui-là l'image de celuifoi, qui à son tour est nommé l'objet.
Ce point J est très-remarquable; et lorsque l'objet O est extrêmement éloigné, l'image en est aussi nommée le foyer du verre; j'en expliquerai la raison k Y. A. Si c'est le soleil qui tient lieu d'objet eo O, les rayons qui tombent sur le verre en sont tous réunis dans le lieu J ; et^ comme ils sont extrêmement forts et doués de la qualité d'échauffer, il est naturel que la réunion de tant de rayons qui se lait en J doit y produire un très-haut degré de chaleur, capable de brûler les choses combustibles qu'on met en J. Or, un tel Heu, où tant de chaleur est réunie, se nomme un foyer; la raison de cette dénomination à l'égard des verres convexes est évidente. Cest pourquoi un tel verre convexe est aussi nommé un verre ardent, dont les effets sont sans doute bien connus à Y. A. : je remarque seulement que cette propriété de réunir les rayons du soleil dans ua certain point qu'on nomme leur foyer, convient à tous les verres convexes; ils réunissent aussi les rayons de la lune, des étoiles, et de tous les corps fort éloignés, dans le même lieu; et quoique leur
force soit trop petite pour produire quelque chaleur, on se sert pourtant du même nom de foyer, et ainsi le foyer d'un verre n'est autre chose que le lieu où l'image des objets fort éloignés est représentée : à quoi il faut encore ajouter cette condition, que l'objet soit situé dans Taxe même du verre ; car s'il était hors de l'axe, son image serait aussi représentée hors de l'axe. J'aurai occasion d'en parler dans la suite.
Au reste, il est bon d'ajouter encore les remarques suivantes sur le foyer :
f . Comme le point O ou l'objet est infiniment éloigné, les rayons OM, OA et ON peuvent être çonûdérés comme parallèles entre eux, et par la même raison parallèles à l'axe du verre.
a. Le foyer J est donc le point, derrière le verre, où les rayons parallèles à l'axe, qui tombent sur le verre, sont reunis par la réfraction du verre.
3. Le foyer d'un verre, et le lieu où l'image d'un objet infiniment éloigné et situé dans l'axe du verre est représentée, sont la même chose.
4. L'éloignement du point J derrière le verre, ou bien la distance BJ, est nommé la distance du foyer du verre. Quelques auteurs la nomment aussi la • distance focale.
5. Chaque verre convexe a sa distance de foyer particulière, l'une plus grande et l'autre plus petite; ce qu'on trouve aisément en exposant le verre au soleil , et observant où les rayons se réunissent.
6. Les verres qui sont formés par des arcs de pe** lits cercles ont leur foyer fort près derrière eux ;.
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mais ceux dont les faces sont des arcs de grands cercles ont leurs foyers plus éloignés.
7. Il est important de savoir la distance du foyer de chaque verre convexe dont on se sert dans ia dioptrique ; et il suffit d'en connaître le foyer, pour juger de tous les effets qu'on en doit attendre, tant dans les lunettes ou télescopes que dans les micro* scopes.
8. Si l'on se sert de verres également convexes des deux côtés , de sorte que chaque face réponde au même cercle^ alors le rayon de ce cercle donne à peu près la distance du foyer de ce verre :aiDsi^ pour faire un verre ardent qui brûle à la distance d'un pied , on n'a qu'à former ses deux, faces suivant un cercle dont le rayon est d'un pied.
9. Mais lorsque le verre est piano-convexe, sa distance de foyer est à peu près égale au diamètre du cercle qui convient à la face convexe.
L'intelligence de ces termes rendra ce que nous avons encore à dire facile à entendre.