‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 16 sur 253 · LETTRE LUI · texte numérisé non relu

LETTRE LUI

(SI «TrU 1761.)

Sur la question , Si l'essence des corps nous est connue ou non.

Après tant de réflexions sur la natnre et les facultés de notre âme, V. A. sera peut-être bien aise de retourner à la considération des corps, dont j'ai déjàeu l'honneur de lui exposer les principales propriétés.

J'ai remarqué que la nature des ccnps renferme nécessairement trois choses, l'étendue, Vimpénétrabilité et Vinertie; de sorte qu'un être où ces trois choses ne se trouveraient pas à la fois ne saurait être admis dans la classe des corps; et réciproquement j dès que ces trois qualités sont réunies dans un être, personne ne doutera de le reconnaître pour un corps.

Cest donc dans ces trois choses qu*on a raison de constituer l'essence d'un corps, quoiqu'il y ait bien des philosophes qui prétendent que l'essence des corps nous soit tout à fait inconnue. Ce n'est pas seulement le sentiment des sceptiques , et pyrrhoniens, qui doutent de tout; mais il y a aussi d'autres sectes qui soutiennent que l'essence de toutes les choses nous est absolument inconnue; et, en effet , à certains égards ils n'ont pas tort. Il n'est que ti*op vrai à l'égard de tous les êtres indi- \idiiels qui existent actuellement.

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