LETTRE LXVII
(ra janTier I70S.)
De la graodear apparente, de l'angle visuel; et sur ^x^
microscopes en général.
J'ai eu l'honneur de parler à Y. A. des myopesi qui sont obligés de se servir de verres concaves^poar bien voir les objets éloignés, pendant que lespie^ by tes se servent de verres convexes pour bien ^oir les objets voisins : chaque vue a une certaine Âcddue, chacun voudrait avoir un verre qui lui représentât parfaitement les objets. Chez les myofMS, cette distance est fort petite, et chez les presbytes très-grande; mais on trouve aussi des yeuji si bifli conditionnés ;» qu'ils voient également bien les objets voisins et les éloignés.
Cependant, de quelque nature que soit la vuf d'un homme 9 la dUtance ne doit jamais être trop
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le : il n'y a point de myopes qui puissent voir inctement u une distance plus petite qu'un ice. V. Â. aura sans doute bien observe que Kfu'elle approche un objet trop près de ses yeux,
ne voit rien que très-confusëment; cela dëid de la structure des yeux, qui est telle dans hommes, qu'ils ne peuvent pas voir à une trop ite distance : mais il n'y a aucun doute que les actes puissent voir à de très-petites distances, et } les objets fort éloignés leur demeurent invisii. Je ne crois pas qu'une petite mouche puisse r les étoiles, parce qu'elle voit très-43ien à la disce d'une dixième partie d'un pouce, où nous ne rons absolument rien. Cette considération me iduit à l'explication des microscopes, qui nous résentent les plus petits objets comme s'ils ient bien grands. Or, pour en donner une juste e, il faut bien distinguer la grandeur apparente chaque objet, de sa grandeur véritable; celle-ci : l'objet de la géométrie, et est invariable tant ) le corps demeure dans son état. Mais la granir apparente peut varier à l'infini, quoique le ■ps demeure toujours le même. Ainsi , \m étoiles lis paraissent extrêmement petites, quoique leur lyleiir véritable soit prodigieuse. La raison en que nous en sommes à une très-grande distance.
nous était permis de nous approcher, elles nous "aîtraient plus grandes : d'où V. A. jugera disent que la grandeur apparente dépend de l'angle ^ font entre eux les rayons qui viennent des exmités de l'objet dans nos yeux.
368 m' PARTIE. LETTRE LXVlI.
Soit POQ {Jig. 73 ) l'objet de notre vue, lequel, si l'œil était placé en A, paraîtra sous l'angle PAQ, qui est nommé l'angle visuel, et nous indique la grandeur apparente de cet objet; d'où il est évident i^ue ptjtis l'œil s'éloigne de l'objet, plus cet angle devient petit; et ainsi il est possible que les plus grands corps nous paraissent sous un très-petit angle visuel, pourvu que nous nous en soyons assez élqjgnés, comme il arrive dans les étoiles. Mais quand l'œil s'approche davantage de l'objet, et qu'il le regarde de B, il lui paraîtra sous l'angle visuel PBQ, qui est visiblement plus grand que PAQ. Approchons l'œil jusqu'en C, et l'angle visuel PCQ sera encore plus grand. De plus, l'œil étant placé en D, l'angle visuel sera PDQ; et en l'approchant jusqu'en E , l'angle visuel sera PEQ toujours plus grand. Donc, plus on approche l'œil de l'objet, plus l'angle visuel devient grand, et ainsi la grandeur apparente plus grande. Donc, quelque petit que soit l'objet, il est possible d'en augmenter la grandeur apparente autant qu'on voudra : on n'a qu'à s'en approcher autant qu'il faut pour un si grand a^gle visuel. Ainsi , une mouche étant assez proche de l'œil pourra paraître sous un aussi grand angle qu'un élépliant, à la distance de dix pieds. Dans une telle comparaison, il faut soigneusement ajouter la distance dans laquelle on suppose voir l'éléphant; car, sans cette condition, on ne dirait absolument rien , puisqu'un éléphant ne nous parait grand qge quand nous n'en sommes pas fort éloignés. Déjà, à la distance d'un mille, on ne distingue
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être plus un éléphant d'un cochon ; et s'il était porté dans la lune, il deviendrait absolument iblei à cause de sa trop petite grandeur appa- ; et à cet égard je pourrais bien dire qu'une ;he me parait plus grande qu'un éléphant, s'il ouvait dans un très«grand éloignement. Ainsi, d on veut parler avec précision, on ne peut Mffler de la grandeur apparente d'un corps ivoir égard à la distance de ce corps, puisque îme corps nous peut paraître tantôt très-grand, t très-petit, selon que la distance est plus pe- >u plus grande. Il semble donc très-facile de les plus petits objets sous de très-grands angles Is : on n'a qu'à les tenir à une très-petite disi de l'œil.
16 mouche pourrait bien se servir de cet expé- ;; mais les yeux des hommes ne sauraient rien dans de trop petites distances, quelque courte soit leur vue ; d'ailleurs les bonnes vues vouât aussi voir les plus petits objets d'une exe grosseur. 11 s'agit de trouver un moyen par ïlnous puissions voir un objet distinctement, »bstant sa grande proximité de l'œil. Les verres exes nous procurent cet avantage, en éloignant ge des objets qui nous sont trop près, l'on se serve d'un très-petit verre convexe MN 74)9 dont la distance de foyer soit très-petite, ne, par exemple, un demi-pouce: si l'on place nt ce verre un petit objet OP à une distance un plus petite que d'un demi-pouce, le verre en îsentera l'image quelque part en op^ aussi loin