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qu'on voudra. Qu'on tienne donc l'œil derrière ie verre y et il verra l'objet de la même manière que s'il était actuellement en o, et ainsi dans un ëloignement suffisant, et tout comme si sa grandeur était op : comme l'œil est supposé très-proche du verre, l'angle visuel sera pio^ c'est-à-dire, le même que P/0 sous lequel l'œil nu verrait l'objet OP dans cette proximité; mais la vision est à présent devenue distincte par le moyen du verre : c'est le principe sur lequel la construction des microscopes est fondée.
LETTRE LXVni.
(aajanrier I76S.)
Sur Testime des grossissements des objets contemplés par de»
microscopes.
Quand plusieurs personnes regardent par un microscope le même objet, comme, par exemple, le pied d'une mouche , tous conviennent qu'ils le voient très-grand ; mais leur jugement sur la véritable grosseur sera fort partagé : l'un dira que ce pied lui parait aussi grand que celui d'un cheval, un autre que celui d'une chèvre, le troisième que celui d'un chat. Or, au fond, aucun n'avance rien de précis là-dessus, à moins qu'il n'ajoute à quelle distance il prétend voir les pieds du cheval , ou de la chèvre , ou du chat : ils sous-entendent donc eux-mêmes, sans qu'ils le disent, chacun une cer-
DU GROSSISSEMENT DES MICROSCOPES. f^7 f
taine distance, laquelle étant sans doute différente, on n'a pas lieu d'être surpris de leurs divers sentiments, puisqu'un pied de cheval étant vu de loin peut bien ne pas paraître plus grand qu'un pied de chat vu de près. Ainsi, quand il s'agit de dire combien un microscope grossit les objets, il faut s'accoutumer à parler d'une manière plus précise, et expliquer principalement la distance dans la comparaison qu'on veut faire.
Or, d'abord il ne convient pas de comparer les apparences que nous offrent les microscopes avec les objets d'une autre nature, que nous sommes ac^ coutumes de voir tantôt loin, tantôt près; le plus sûr moyen de régler cette estime semble celui dont les auteurs qui traitent des microscopes se servent actuellement. Ils comparent un petit objet vu par le microscope, avec celui sous lequel le même objet serait vu à la vue simple en étant éloigné à une certaine distance, et ils sont d'avis que^ pour bien contempler un tel petit objet à la vue simple, il le faut placer à la distance de huit pouces ; ils se règlent dans cela sur de bons yeux , cai) un myope s'en approcherait bien davantage, et Un presbyte ferait le contraire. Mais cette difRérence n mflue pas sur le raisonnement, pourvu qu'on ùke la distance sur laquelle on se règle , et il n'y a au-<^ cune raison qui nous oblige de fixer une autre distance que celle de huit pouces, reçue de tous le$ auteurs qui ont traité cette matière. Ainsi, quand on dit qu'un microscope rend les objets loô fois plus grands, y. A, entendra qu'à l'aide de ce microiscop^
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les objets paraissent loo fois plus grands que si nous les regardions à la distance de 8 pouces , et par ce moyen elle se formera une juste idée de l'effet d'un microscope.
En général, un microscope grossit aulant de fois qu'un objet parait plus grand que si on le regardait sans le secours du verre à la distance de ft pouces, y. A. conviendra aisément que c'est déjà un effet surprenant, que de voir un objet lOO fois plus grand qu'il ne parait à la distance de 8 pouces; mais on a poussé la chose beaucoup plus loin, et on a des microscopes qui grossissent jusqu'à 5oo fois, ce qui est prodigieux : on pourrait bien dire alors que la jambe d'une mouche parait plus grande que celle d'un éléphant. Je crois même qu'on pourrait bien faire des microscopes qui grossiraient I ooo fois et même 2 000 fois, qui nous découvriraient sans doute quantité de choses qui nous sont encore inconnues.
Mais quand on dit qu'un objet parait par le microscope 100 fois plus grand qu'étant vu à la distance de 8 pouces, il faut entendre par là que l'objet est grossi tant en longueur qu'en largeur et profondeur, de sorte que chacune de ces dimensions parait 100 fois plus grande. On n'a donc qu'à concevoir à la distance de 8 pouces un autre objet semblable au premier , mais dont la longueur soit 100 fois plus grande, de même que la largeur et la profondeur, et ce sera l'image qu'on voit par le microscope. Or, si tant la longueur que la largeur et la profondeur d'un objet sont 1 00 fois plus grandes