‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 179 sur 253 · LETTRE LXX · texte numérisé non relu

LETTRE LXX

(SOjanTÎpr I76S.)

Sur les bornes et les défauts des microscopes simples.

V. A. vient de voir comment il faut faire des microscopes simples, qui grossissent autant de fois qu'on peut souhaiter : on n'a qu'à fixer une ligne droite, comme celle que j'ai marquée AB {fig. 78), qui contienne précisément huit pouces du pied du Rhin, dont on se sert en Allemagne. Alors, autant de fois que l'on veut grossir l'objet, il faut partager cette ligne AB en autant de parties égales, dont une donnera la distance de foyer du verre demandé. Ainsi, si l'on veut grossir cent fois, la particule A i est la centième partie de la ligne AB ; par conséquent il faut faire un verre dont la distance de foyer soit précisément égale à cette partie A 1 , qui donnera en même temps le rayon des faces du verre qui est représenté article VU de la /ijf. 77.

V. A. voit par là que, plus l'effet est grand , plus le verre doit être petit de même que sa distance de foyer, (distance) à laquelle il faut mettre l'objet OP devant le verre, en appliquant Tœil par derrière; et si Ton fiaisait le verre deux fois plus petit que je ne l'ai dé-

;né pour grossir deux cents fois j le verre devien* ait si petit, qu'il faudrait presque un microscope »ur voir le verre lui*inéme ; aussi faudrait-il s'ap* ocher si près qu'on toucherait presque le verre , qui est sans doute un très-grand inconvénient , mme j'ai déjà eu l'honneur de l'observer : de sorte Ton ne saurait à peine pousser l'effet du micro- 3pe au delà de deux cents fois, ce qui ne suffît pas lur voir les plus petites choses que la nature ren- ■me. L'eau la plus claire contient de petits animalies qui, quoiqu'on les voie grossis deux cents is, ne laissent pas de paraître comme des puces, il faudrait avoir des microscopes qui grossissent 3gt mille fois .pour les voir de la grandeur d'un t; or, il s'en faut beaucoup qu'on atteigne ce degré, §me avec les microscopes composés.

Mais, outre les inconvénients des microscopes nples, que je viens de remarquer, lorsqu'on deinde de très-grands effets , tous ceux qui se ser- Dt de ces instruments se plaignent encore d'un tre qui n'est pas moins fâcheux : c'est que plus grossit les objets, plus ils paraissent obscurs, il semble qu'on les voit à la lueur d'une très-faible (nière, ou même au clair de la lune, de sorte *on n'y saurait presque rien distinguer. V. A. n'en ra pas surprise, lorsqu'elle voudra se souvenir e la lumière de la pleine lune est au delà de deux nt mille fois plus faible que celle du soleil. C'est •ne un article bien important d'expliquer d'où mt cette diminution de lumière. On comprend «éraent c|ue si les rayons qui viennent d'un très-

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