Q III* PARTI£. LETTRE LXX
pétk objet nous le doivent représenter comme s'il était beaucoup plus grand j cette petite quantité de lumière ne saurait être suffisante : cependant, quelque fondée que paraisse cette raison y elle n*est pas valable , et ne fait que nous éblouir sur cette question. Car si le verre , en grossissant davantage, entraîne après lui nécessairement une diminution de clarté, on devrait aussi s en apercevoir dans les moindres effets, à supposer même que ce ne fût pas à un si haut degré ; mais on peut grossir jusqu'à cinquante fois , sans qu'on s'aperçoive de la moindre diminution de lumière, qui cependant devrait être cinquante fois plus faible, si la raison alléguée était juste. 11 faut donc chercher ailleurs la cause de ce phénomène, et il faut même remonter aux premiers principes de la vision.
A cette occasion , qu'il plaise à V. A. de se rappeler ce que j'ai eu l'honneur de lui dire sur l'usage de la pupille, ou bien de ce trou noir qu'on voit sur le milieu de l'iris dans l'œil. C'est par cette ouverture que les rayons entrent dans les yeux ; et ainsi plus cette ouverture est grande , plus il entre de rayons. 11 faut ici considérer deux cas où les objets sont fort lumineux et brillants, et où ils ne sont éclairés que d'une lumière fort faible. Dans le premier cas la pupille se contracte elle-même, sans que notre volonté le commande ; et le Créateur l'a pourvue de cette faculté, pour préserver l'intérieur de l'œil du trop grand éclat de la lumière, qui blesserait infailliblement les nerfs. Donc , toutes les fois qu'on se trouve dans un lieu fort éclairé, on voit
utes les pupilles se rétrécissent, pour ne laisser
dans les yeux qu'autant de rayons qu'il en )ur y dépeindre une image assez lumineuse, e contraire arrive , lorsqu'on se trouve dans 1 sombre; alors la pupille s'agrandit, pour re* la lumière en plus grande quantité. Il est fort e remarquer ce changement toutes les fois passe d'un lieu obscur dans un lieu fort éclairé, e sujet dont il s'agit ici, je me borne à cette stance , que plus il entre de rayons dans l'œil, image qui est portée sur la rétine sera lumi- ; et réciproquement,- plus la quantité de.
qui entrent dans l'ceil est petite , plus aussi i dans l'œil devient faible, et parait par conséplus obscure. Or, il peut arriver qu'il n'entre rt peu de rayons dans l'œil, quoique la pupille en ouverte : on n'a qu'à faire avec une épingle it trou dans un carton, et regarder quelque
alors , quelque éclairé qu'il soit du soleil , il "a d'autant plus sombre que le trou est plus et par un trou semblable on peut même re-
le soleil. La raison en est bien évidente, l'il n'entre dans l'œil que fort peu de rayons : le ouverte que soit la pupille , c'est le trou ton qui détermine la quantité de lumière qui lans l'œil, et non la pupille , qui fait ordinait cette fonction.
rive la même chose dans les microscopes qui sent beaucoup; car lorsque le verre est extréit petit , il n'y passe qu'une fort petite quan-
rayons, comme nm (Jîg. 79), laquelle étant