LETTRE LXXI
(2 CéTriCT 1762.)
Sur les télescopes et leur effet.
Avant que d'expliquer la construction des microscopes composés, j'espère qu'une digression sur les lunettes ou télescopes ne déplaira point à V. A. Ces deux espèces d'instruments sont parfaitement liés ensemble; l'un sert à mieux éclaircir l'autre.
DES TELESCOPES. 383
ne les microscopes servent à considérer les s voisins , en nous les représentant sous un
beaucoup plus grand que si nous les regarï à une certaine distance, comme de 8 pouces , *e espèce est destinée à nous mieux découvrir bjets fort éloignés, en nous les représentant un plus grand angle qu'à la vue simple. Ces uments portent plusieurs noms, tant selon leur eur que selon leur destination ; les plus petits nommés lunettes de poche; d'autres plus grands e même nom, qu'il faut bien distinguer des tes que les vieillards portent sur le nez. Ceux
se servent les astronomes sont nommés tubes; i nom général de tous est celui de télescopes ( i ). ^nt donc de tels instruments qui nous reprémt les objets fort éloignés sous un plus grand i qu'ils paraissent à la vue simple: cette définiest très-juste, et ne renferme rien d'arbitraire ne celle des microscopes, dont l'effet est rapi à une certaine distance arbitraire, qu'on sup-
communément de 8 pouces, lis lorsqu'il s'agit d'objets fort éloignés, dont la nce est trop grande pour notre vue , l'effet se orte très-naturellement à la même distance, et Slescope grossit autant de fois qu'il nous repré-
Les physiciens et les astronomes ne donnent maintenant le le télescopes qu'à des instruments où les images des objets lés sont réfléchies par un miroir courbe (voyez plus haut re LV, et plus loin la lettre LXXXVI). On n'est pas non Itns Tusage d'employer le mot tube comme synonyme de e astronomique.
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sente les objets sous un plus grand angle qu'à la vue simple. Par exemple , la lune parait à la vue simple sous un angle d'un demi-degré; par conséquent , un télescope grossit loo fois, lorsqu'il nous représente la lune sous un angle de 5o^, qui est loo fois plus grand qu'un demi-degré; s'il grossissait aoo fois, il ferait voir la lune sous un angle de loo^; et ainsi la lune paraîtrait remplir plus de la moitié du ciel visible y dont toute l'étendue n'est que de i8o^.
XDommunément on dit que les télescopes nous approchent les objets ; ce qui est une manière de parler fort équivoque, qui admet deux significations différentes. L'une est que, voyant par un télescope, nous jugeons les objets autant de fois plus proches de nous, que le télescope grossit. Mais j'ai déjà eu l'honneur de faire remarquer à V. A. que nous ne saurions connaître les distances des objets que par le jugement, et que ce jugement ne saurait avoir lieu que dans les objets peu éloignés; donc, lorsque les objets sont aussi éloignés que nous le supposons ici, un tel jugement sur les distances tromperait beaucoup. L'autre signification est plus conforme à la vérité, quand on entend que les télescopes nous représentent les objets aussi grands que nous les verrions si nous en approchions davantage. Car V. A. sait que plus on s'approche d'un objet, plus l'angle sous lequel il parait devient grand ; et ainsi cette explication revient à celle que j'ai donnée au commencement. Cependant, lorsqu'on regarde des objets fort connus , comme des hommes dans un grand éloignement, et qu'on les voit par une lunette