LETTRE LXXVI
(90 rérrier I7es.)
Sur les lunettes astronomiques, et de leurs grossissements.
En passant à la seconde espèce de lunettes, qui sont ce qu'on appelle lunettes astronomiques y quelquefois tubes y je remarque que ces instruments ne sont composés que de deux verres, comme ceux de la première espèce; mais ici, au lieu de l'oculaire concave , on se sert d'un convexe. Je commencerai donc à donner à V. k, une idée de la construction de ces lunettes astronomiques.
L'objectif PÂP {fig. 91) est, comme dans les autres, un verre convexe dont le foyer étant en F, on fixe sur le même axe un plus petit verre convexe QQ, de sorte que son foyer tombe dans le même point F. Alors tenant Tœil en O , de sorte que la distance BO soit à peu près égale à la distance de foyer de l'oculaire QQ, on verra les objets distinctement, et grossis autant de fois que la distance de foyer de l'objectif AF surpassera celle de l'oculaire BF : mais ce qu'il y a à remarquer, c'est que tous les objets paraissent dans une situation renversée, de sorte que si l'on dirige ces tubes vers des maisons, on voit les toits en bas , et le pavé en haut. Comme cette circonstance n'est point agiéable pour les objets terrestres, que nous ne saurions pas voir renversés,
IIES LUNETTES ASTRONOMIQUES. 405
^usage de ces instruments est borné aux objets ceestes, qu'il nous est fort indifférent de voir dans jn sens ou dans un autre; il suffit à l'astronome de savoir que ce qu'il voit en haut se trouve réellement m bas, et réciproquement. Cependant rien n'em- )éche qu'on ne se serve aussi de ces lunettes pour es objets terrestres, et on s'accoutume bientôt à iroir les objets renversés, pourvu qu'ils paraissent iistinctement et fort grossis. '
Après cette description , je dois prouver trois choses : la première , que par cet arrangement des rerres les objets doivent paraître distinctement ; la .econde, qu'ils doivent paraître grossis autant de bis que la distance de foyer de l'objectif surpasse «lle^de l'oculaire, et cela dans une situation renversée; la troisième chose à prouver, est qu'on ne loit pas appliquer Fœil immédiatement contre le rerre oculaire, comme dans la première espèce, nais qu'il l'en faut éloigner à peu près à la distance ie foyer de l'oculaire.
I . Pour le premier article, la chose se prouve de a même manière que dans le premier cas : les rayons rP, ePy qui sont parallèles entre eux avant que d'enrer dans le verre objectif, se réunissent par la réraciton dans le foyer de ce verre en F, et ainsi il aut que le verre oculaire rétablisse le parallélisme mtre ces rayons, attendu que la vision distincte îxige que les rayons partis de chaque point soient I peu près parallèles entre eux, lorsqu'ils entrent dans l'œil. Or, le verre oculaire ayant son foyer &n F, est placé de sorte qu'il rend les rayons FM,