‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 204 sur 253 · DE LOLVKRTLKE DES OBJECTIFS · texte numérisé non relu

DE LOLVKRTLKE DES OBJECTIFS

pouce suflisent, et ainsi des autres grossissements.

On voit, par là, que pour les petits grossissements une très-pelile ouverture de l'objectif est suffisante, di que par conséquent la distance de foyer peut être très-médiocre. Mais, si l'on veut grossir uoo fois, ['ouverture de l'objectif doit être de 6 pouces ou l'un demi-pied; ce qui demande déjà un très^rand verre, dont la dislance de foyer doit surpasser même loo pieds pour obtenir une expression nette et bien déterminée : c'est la raison pourquoi les grands grossissements demandent les lunettes si considérablement longues, au moins selon l'arrangement ordinaire des verres que j'ai l'honneur d expliquer à V. A; car, depuis quelque temps , on a travaillé avec bien du succès à diminuer cet4e longueur excessive. Toutefois, l'ouverture de l'objectif doit suivre la règle que je viens d'établir, puisque la clarté en dépend nécessairement.

Ainsi , si l'on voulait faire une lunette qui grossit 4oo fois, l'ouverture de l'objectif devrait toujours être de la pouces ou d'un pied, quelque petite qu'on put rendre sa distance de foyer; et si l'on voulait grossir 4ooo fois, l'ouverture de l'objectif devrait être de lo pieds. Ce verre serait donc bien et même trop grand, pour que nos artistes le pussent exécuter; et c'est la principale raison que nous ne saurions espérer de porter jamais le grossissement si loin, à moins qu'un grand prince n'y voulût fournir les dépenses nécessaires pour former et travailler de si grands verres; et encore peut-être n'y réussirait-on point.

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l^ependanty une lunette qui grossirait 4^00 fois nous devrait découvrir bien des merveilles dans le ciel : la lune nous paraîtrait 4 000 fois plus grande que nous ne la voyons à la vue simple; ou bien nous verrions la lune tout comme si elle nous était 4 000 fois plus proche qu'elle n'est en effet. Voyons donc jusqu'à quel degré nous y pourrions distinguer les différents corps qui s'y trouvent. On estime la distance de la lune de 62000 milles d'Ailemagne^ dont la 4000"* partie fait i3 milles; et ainsi une telle lunette nous ferait voir la lune de la même manière que si nous n'en étions éloignés que de i3 milles , et par conséquent nous y pourrions distinguer les ménoes choses que nous distinguons sur des objets éloignés à la même distance; or y sur une montagne ^ on peut bien voir d'autres montagnes qui en sont éloignées au delà de i3 milles. Il n'y a donc point de doute que nous ne découvrissions sur la surface de la lune quantité de choses dont nous serions bien surpris; , mais 9 pour décider si la lune est habitée par des créatures semblables à celles de la terre ^ une distance de t3 milles est encore trop grande; il faudrait avoir, pour cet effet , une lunette qui grossi! encore 10 fois davantage , et par conséquent en tout 40000 fois, dont l'objectif devrait avoir une ouverture de 100 pieds, ce que l'adresse des hommes n'exécutera jamais. Mais par une telle lunette nous verrions la lune tout comme si elle n'était pas plus éloignée de nous que l'est Berlin de Spandau, et de bons yeux y pourraient bien voir des

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hommes, s'il y en avait; mais pourtant trop peu distinctement pour s'en assurer entièrement.

Comme nous devons nous contenter de souhaits à cet égard, je souhaiterais plutôt tout d'un coup avoir une lunette qui grossit loo ooo fois; alors la lune se présenterait comme si elle n'était éloignée de nous que d'un demi-mille. L'ouverture de l'objectif de cette lunette devrait donc être de aSo pieds, et au moins les grosses bétes dans la lune nous deviendraient visibles (i).

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