‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 27 sur 253 · II* PARTIE. LETTRE LVÏ · texte numérisé non relu

II* PARTIE. LETTRE LVÏ

\agaiice toute semblable à celle c|u'on a reprochée autrefois aux philosophes épicuriens^ qui soutenaient que tout ce qui existe dans le monde est matériel, sans même en excepter les dieux, dont ils admettent l'existence. Mais comme ils comprenaient que ces dieux corporels seraient assujettis aux plus grandes difficultés, ils ont inventé une échappatoire semblable à celle des philosophes de nos jours, en disant que les dieux n'avaient pas des corps, mais des quasicorps^ et qu'ils n'avaient pas des sens, mais des quasisens y et ainsi de tous ces membres. Les autres sectes de philosophes de l'antiquité se sont moquées de ces quasi-^orps et quasi-sens ; et ils se moqueraient aujourd'hui, avec autant de raison, de la quasi-étendue que nos philosophes attribuent aux corps : ce nom de quasi-étendue semble parfaitement bien exprimer cette apparence d'étendue, sans qu'elle soit une véritable étendue.

Or, pour les confondre , les géomètres n'auraient qu'à dire que les objets dont ils ont prouvé la divisibilité à l'infini n'étaient aussi qu'une quasi-étendue ; et ainsi, que tous les êtres doués d'une quasi-étendue étaient nécessairement divisibles à l'infini. Mais il n'y a rien à gagner avec eux : on est prêt plutôt à soutenir les plus grandes absurdités, que d'avouer sa faute. V. A. remarquera que c'est là le caractère de la plupart des savants.

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