‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 45 sur 253 · II · texte numérisé non relu

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82 m* PARTIS. LETTRE If.

OU inoins fréquentes. Cette différence est très<*sensible à notre oreille, puisque le grave et Taigu dans les sonç ea dépend. V. A. se souviendra que le son marqué C dans le clavecin achève environ loo vibrations dans une seconde; que le son D en fait 112; le son E, 1^5; le son F, i33; le son G, i5o; le sot A, 166; le son H, 187; et le son Cj aoo. Cestains que la différeqjie nature des sons dépend du nombre des vibrations qui s'achèvent par seconde.

Il n'y a donc aucun doute que le sens de la vw ne soit aussi différemment affecté, selon que h nombre des vibrations, dont les fibrilles nerveuse dans le fond de l'œil sont excitées, est plus ou moini grand. Quand ces fibrilles frémissent 1000 fois é$m une seconde, la sensation doit être tout autre qui 51 elles frémissaient laoo ou i5oo fois dans h même temps.

11 est bien vrai que notre organe de vue n'est pa< en état de compter ces grands nombres, moins en core que notre oreille ne compterait pas les vibrations qui constituent les sons ; mais toujours nouî pouvons fort bien distinguer le plus et le moins.

C'est donc dans celte différence qu'il faut chercher la cause des diverses couleurs; et il est certair que chaqtre couleur répond à un certain nombre de vibrations dont les fibrilles de nos veux sonl frappées dans une seconde, quoique nous ne soyons pas encore en état de déterminer le nombre qui convient à chaque couleur, comme nous le sommes à l'égard^,?pnj^^

11 a %ÉÉi(|||e|Qy^^ pour parvenir à

connaître les nombres qui répondent à tous les sons du clavecin, quoiqu'on fût déjà convaincu que h diflerence entre ces sons est fondée sur la diversité de ces nombres. Nous devons donc être contents de savoir que la diversité des couleurs est fondée sur les divers nombres de vibrations qui se trouvent dans les rayons, et notre connaissance est toujours assez avancée, parce que nous savons qu'U règne une si belle ressemblance entre les divers Isons du clavecin et les diverses couleurs.

En général, on voit une si adarirable analogie entre les objets de notre ouïe et têQx de notre vue, que les circonstances de l'une servent à éclaircir œlles de l'autre. C'est aussi cette analogie qui four^ Dit les preuves les plus convaincantes pour établir mon système. Mais j'aurai l'honneur d'appuyer en particulier mon sentiment sur les couleurs par des faisons encore plus solides, qm le mettront à l'abri de tous les doutes.

LETTRE m.

(9 jain I76I.)

Suite de ces réflexions.

Rien n'est plus propre à nous éclaircir sur la nature de la vision, que la belle analogie qu'on découvre presque partout entre elle et l'ouïe. Ce que sont par rapport à l'ouie les divers sons dans la nrasiqne, h» diverses couleurs le sont par rapport

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