O II* PARTIE. LETTRE XLVIII
de penser, que \ expérimenteur ne veut que des expériences, et le raisonneur que des raisonnements : ce qui forllie cependant des preuves tout à fait différentes , les unes attachées à la première classe , et les autres à la seconde, qu'on doit toujours soigneusement distinguer, selon la nature des objets de notre connaissance.
Mais serait-il bien possible qu'il y eût des gens qui, uniquement occupés des connaissances de la troisième source, ne demandent que des preuves appartenant à cette classe? En effet, j'en ai connu qui, entièrement enfoncés dans l'étude de l'antiquité et de l'histoire, n'admettaient rien qu'on ne leur prouvât par l'histoire , ou l'autorité de quelque auteur ancien. Ils tombent bien d'accord sur la vérité des propositions d'Euclide, mais cela uniquement sur l'autorité de cet auteur, sans faire la moindre attention aux démonstrations qu'il en donne : ils s'imaginent même que le contraire de ces propositions pourrait aussi bien être vrai , pourvu que les anciens géomètres se fussent avisés de le soutenir.
Voilà un triple égarement qui arrête bien des gens dans la connaissance de la vérité , mais qu'on rencontre plutôt parmi les savants que parmi ceux qui commencent à s'appliquer aux sciences. 11 faut être indifférent pour les trois espèces de preuves que chaque classe exige : et, pourvu qu'elles soient suffisantes , on est obligé de les reconnaître.
Je Caivu ou senti y est la preuve de la première classe ;yV? puis le démontrer^ est la preuve de la seconde classe , de laquelle on dit aussi quon sait les