‹ Lettres de L. Euler à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophieChapitre 91 sur 253 · LETTRE XXVI · texte numérisé non relu

LETTRE XXVI

(S9aoÂt I76I.)

Des parallèles , du premier méridien , et des longitudes.

Ayant eu Tbonneur de dire à V. A. que, pour tmver le méridien d'un lieu proposé L (Jîg. i5), fiiut tirer sur la surface de la terre un demi-cer** leBLMA, qui passe par les deux pôles B et A, et arle lieu proposé L; je remarque qu'il y a une ofinité d autres endroits par lesf|uels ce même mé-^

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fidien passe, et qui par conséquent sont dits être tous situés sous le même méridien, soît dans Thémisphère boréal entre B et M, soit dans Théinisphère méridional ou austral entre M «t A.

Or, tous les lieux situés sous un même méridien diderent par rapport à leur latitude^ les uns étant plus proches ou plus éloignés de Téquateur que les autres. C'est ainsi que le méridien de Berlin passe par la ville de Meissen , et à peu près par le port de Trieste, et par quantité d'autres lieux moins reniar quables.

Ensuite Y. A. voit aussi qu'une infinité de lieux peuvent avoir la même latitude, ou être paiement éloignés de l'équateur; mais que tous ces lieux sont situés sous des méridiens différents. En efféL^ si L est la ville de Berlin, dont la latitude ou l'arc LM contient 5^^ 3i', on peut assigner, sous tout autre méridien BNA, un lieu I, dont la latitude ou l'arc IN est aussi Sa^ 3i'; tels lieux sont aussi les points F et G pris dans les méridiens BDA et BEA. Comme donc on peut tirer par chaque point de l'équateur un méridien, dans lequel il y aura un endroit dont la latitude sera la même que celle de Berlin ou du lieu L, on aura une infinité de lieux qui tous auront une même latitude. Tous ces lieux seront situés dans un cercle FLIG, qui , ayant tous ses points également éloignés de l'équateur, est nommé un cerck parallèle à l'équateur, ou simplement un parallèle- Un parallèle sur la terre n'est donc autre chose qu'un cercle qui est parallèle à l'équateur, ou dont tous les points sont également éloignés de l'équa-

DES PA.RALLi:LRS KT DiSS MÂRIDIEm». 187

?ur; d'où il est clair que tous les points d'un pailleté sont aussi également éloignés des pôles de la îrre.

Comme on peut tirer par chaque lieu de la terre n tel parallèle^ on peut concevoir une infinité de arallèles qui tous difTèrent entre eux par rapport la latitude, chacun ayant une latitude, soit boréale, )it australe, qui lui est propre.

V. A. comprend aussi que plus la latitude est rande, ou plus on approche de l'un des pôles. Jus les parallèles deviennent petits, jusqu'à ce ;u'enfin aux pôles mêmes, où la latitude est de 90', ses parallèles se réunissent dans un seul point. Mais, u contraire, plus on approche de Téquateur, ou dus la latitude est petite, plus aussi les parallèles ont grands ; et ils se confondent enfin avec Téqua- :eur même, lorsque la latitude est zéro ou nulle. Test aussi par la latitude qu'on distingue ces parallèles : ainsi, le parallèle de 3o est celui qui passe nr tous les lieux dont la latitude est de 3o*, où 'on doit pourtant s'expliquer si l'on parle d'une atitude boréale, ou d'une latitude méridionale.

En consultant les cartes géographiques, Y. A. rerra <(ue Hanovre est situé sous le même paraUèle {M Berlin, la latitude de l'un et de l'autre étant )o*3i', et que de même les villes de Brunswick et l'Amsterdam tombent presque sous le même parallèle, mais que les méridiens (]ui passent par ces endroits sont différents. Or, connaissant tant le méridien que le parallèle sous lequel un lieu est silué, on en connaît la véritable place sur la terre

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