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Montréal, 3 mai 1760,
M. le marquis de Vaudreuil m'a prié de faire passer le sieur Briaut, chirurgien-major, à l’Hôpital-Général, pour y remplir ses fonctions, et il m'a fait faire l’observation qu'il n’y avoit pas un seul chirurgien-major de la colonie pour prendre soin des troupes et des Canadiens. Comme c'est un hôpital de marine, j'ai l'honneur de vous prévenir que le chirurgien-major des troupes de terre, qui est le sieur Arnoux, ne pourra y ordonner pour les pansements, sans l'agrément du sieur Briaut ; et, supposé que ces deux chirurgiens-majors ne fussent pas d'accord, vous serez à même de les y mettre; et, en ce cas, le sieur Arnoux s’en tiendroit à l’ambulance de notre armée avec quelques sous-chirurgiens pour l'aider, parce qu’il est indispensable que les chirurgiens
attachés aux bataillons de terre travaillent à l’Hôpital- Général. Cela s’est pratiqué ainsi l’année dernière à notre armée de Québec.
Montréal, 5 mai 1760.
J'ai vu par la lettre que vous avez écrite à Monsieur le général, du 1” mai, combien vous étiez harassé et fatigué ; j'en suis bien touché, Un bon second vous
seroit nécessaire. Je crains que vous ne puissiez supporter cette fatigue.
Je m'attendois bien à un feu terrible de la place ; j'ai eu l'honneur de vous le dire souvent. Ils ont une si nombreuse artillerie que cela ne pouvoit être autrement. Le terrain d'ailleurs, sur les hauteurs, n'est que roc; ce qui vous fera perdre beaucoup de monde par le transport des terres,
J’ai vu par la lettre de M. Landriève, que l’armée n'avoit pas encore eu d’eau-de-vie, J'en ai été surpris.
Nous n'avons point de goélette ici ; je vais me servir de quelques bateaux qui nous restent pour vous faire passer quinze cents chemises pour les malades, des draps et des couvertes. Je ne sais le nombre de ces deux derniers articles, parce que j'ignore combien il en rentrera en magasin. Je viens d’ordonner à tous particuliers de la ville d'en apporter, au moins, chacun une paire au magasin, qui lui seroit payée, ainsi que la couverte.
Je ferai aussi ce que je pourrai pour l'hôpital des Trois-Rivières. Je ne m'étois pas attendu à une si grande quantité de blessés, Il vous falloit autant de contretemps que vous en avez eus dans votre marche, pour ne pas arriver à temps pour les couper au Cap- Rouge.
Vous annoncez à Monsieur le général que les Canadiens commencent à déserter, S'ils voient qu'on ne punit pas grièvement les premiers déserteurs, le nombre en augmentera.
M. Landriève me mande que les habitants des envi-
rons de Québec viennent sans armes; ils pourront toujours vous servir de pionniers.
Je ne peux, Monsieur, que vous renouveler les vœux que je fais pour votre conservation.
BIGOT
P. S. — Ne vous donnez point la peine, je vous prie, de m'écrire, hormis que vous n’eussiez besoin en quelque chose de moi, Monsieur le général a la bonté de me faire lire vos lettres, comme vous l'en priez,
Montréal, 9 mai 1760.
Nous sommes tous bien convaincus de votre impatience sur la perfection des batteries. On ne peut faire qu’en faisant ; et ce n’est pas la faute de l’armée, si le terrain est si ingrat; nous sommes enchantés de sa bonne volonté, Nous voyons bien clairement que vous auriez bien eu le temps de secourir Québec, l’année dernière, avant que l'ennemi eût pu se retrancher par derrière, et former ses batteries et prolonger sa tranchée,
Vous n'avez à craindre, à ce qu’il paroît, que l’arrivée du secours anglois ; c’est tout ce que j’appréhende. Il vente nord-est depuis trois jours; et, s’il continue, comme il y a apparence, nous avons tout à craindre. Il est fâcheux que Grand-Rivière n'ait pu se rendre tout de suite à la goélette angloise qui est en vigie au Bic.
Je ne pourrai faire partir que lundi la dernière galère,
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qu’on mettra à l’eau dimanche matin, Quoique j'aie
fait mettre tous les ouvriers, aussitôt votre départ, sur
une seule pour en avoir du moins une, elle n’a pu être
finie plus tôt. Aussi est-elle faite À pendre dans une église. Je ne la demandois pas si parfaite ; mais un chef de construction ne peut faire travailler autrement. Je ferai continuer la seconde,
J'ai fait préparer ici des chambres chez les Récolii *s pour les officiers anglois, et une maison que j'ai fait griller pour les soldats, J'ai mis le colonel Young en bonne maison où il mangera. Monsieur le général a marqué à M. de Longueuil de les faire monter ici.
Je vous souhaite une meilleure santé; on m'a marqué que la vôtre n'étoit pas bonne. Ménagez-la tant que vous pourrez; car ce seroit le comble des malheurs si vous tombiez malade,
BIGOT
P. S.—Je compte bien que si les secours anglois vous donnent le temps de prendre Québec, vous logerez à l'intendance. Vors la trouverez meublée avec un lit garni. Je porterai, dans ce cas, un petit lit avec moi, que je mettrai dans une petite chambre de derrière ; vous occuperiez la grande, Je souhaite fort pouvoir être à même de faire ce voyage.
Montréal, 13 mai 1760.
J'ai reçu la lettre dont vous m'avez honoré le 8, et j'ai lu celle que vous avez écrite à M. le marquis de Vaudreuil le 10. Je suis bien sensible à votre attention de le prier de m'en faire part.
Je suis convaincu que Briaut laissera liberté entière à chaque blessé de se servir du chirurgien qu’il voudra, et ainsi il n’y aura point de différend entre eux. M. Landriève m'avoit fait part des ordres que vous aviez donnés pour que les colons fussent traités comme les troupes de terre.
M. le marquis de Vaudreuil vous marque ce qu'il pense de Cugnet. Si vous aviez des certitudes ou preuves des avis qu'il peut avoir donnés sur notre compte, ou des conseils qu'il peut avoir donnés contre le pays, il ne dépendra que de vous, après lui avoir fait donner un confesseur, de l’envoyer dans l’autre monde, Si au contraire vous ne voyez rien de certain, ce sera des informations que je me chargerai de faire, lorsque nous serons plus tranquilles. Il faudroit, en ce dernier cas, le garder toujours à bord d’une frégate, aux fers. Je compte que telle est l'intention de M. le marquis de Vaudreuil.
Voici, Monsieur, la semaine critique pour votre opération et pour le salut du Canada. Je crains beaucoup, et cela n’est pas d'aujourd'hui, sur votre foible artillerie et sur le prochain secours des Anglois, s’il n’est pas
déjà arrivé, La frégate arrivée doit être, suivant les manœuvres de marine, le courrier de l’escadre angloise qui doit sortir d'Halifax.
Vous faites tout ce vous pouvez et plus que vous pouvez. Vous ne vous laissez point ébranler dans votre entreprise ; vous y persévérez avec ardeur, malgré les mauvais discours ; nous les savons ici, Si, après tout cela, vous ne réussissez pas, nous ne pouvons nous en prendre qu’à la Providence qui nous est contraire, Si nous l’eussions eue pour nous, il n’auroit pas venté continuellement nord-est au bas de la rivière, comme Legris l'écrit le 8 de ce mois.
Je ‘vous souhaite une parfaite santé, vous en avez graud besoin pour résister aux peines que vous prenez.
BIGOT
P.S. — Vous aurez des nouvelles de M. de Bougainville par le courrier; ainsi je n’aurai pas l'honneur de vous en parler, Je vais lui faire passer tout ce que je pourrai, Je ne vous ferai point passer de fascines,
Montréal, 15 mai 1760,
Vous verrez par les nouvelles que M. le marquis de Vaudreuil vous envoie, provenant des prisonniers que M. de Langy a faits, qu’il y auroit quelque apparence de paix ou d'accommodement entre les deux cours pour
que chacun restât tranquille de son coté jusqu'à la paix. Et on pourroit en effet le conjecturer ainsi, si, suivant ces dépositions, M. Amherst attend les ordres de sa cour pour entrer en campagne,
J’aurois été d'avis de cacher cette nouvelle à votre armée jusqu'à la définition de votre siège, parce que je crains qu'on ne disc: À quoi bon faire ce siège, puisque nous devons avoir la paix? Et, en conséquence, j'avois dit à Monsieur le géuéral, qu'il conviendroit que le courrier ne portât que vos lettres, mais il pense que cette nouvelle ne fera aucune impression, et que cette précaution est par conséquent inutile. J'ai cependant ordonné au courrier de ne point remettre de lettres qu'après que vous lui aurez dit de le faire, et cela devroit toujours être comme cela.
J'ai envoyé chercher les poudres à Lachine; aujourd’hui et demain elles seront mises sur une petite goélette qui est ici. Nous avons besoin que la Providence nous soit un peu favorable, M. de Rigaud fait lire à tout le monde une lettre arrivée ici aujourd’hui de M. de Bourlamque, qui dit que nous prendrons sûrement Québec si l’escadre angloise ne trouble pas les assiégeants. J'en accepte l’augure. Je crains néanmoins bien des accidents qui peuvent arriver et que M. de Bourlamaque connoît mieux que moi; il l’a, je pense, écrite exprès.
J'ai l'honneur de vous souhaiter une parfaite santé.
Montréal, 16 mai 1760,
M. le marquis de Vaudreuil a eu la bonté de me faire lire la lettre que vous lui avez fait l'honneur de lui écrire le 13, Je suis bien touché de votre situation par rapport à l'artillerie et à la poudre. Il faut qu'outre le petit nombre de canons que nous avons, la quantité n'en vaille rien; cela est bien malheureux. | |
M. de Vaudreuil a été surpris de ce que M. de Pontleroy ait placé ses batteries à deux cents toises, n'ignorant pas le peu d'artillerie et de munitions que nous avions. Il n’est pas possible que le canon de 12, qui est celui que nous avons le plus, puisse battre en brèche d'aussi loin, et même celui de 18, horinis d’avoir du temps à soi et des munitions en quantité, M. de Vaudreuil les comptoit placées à soixante-quinze toises, Il craint qu’il nè vous ait engagé à les placer aussi loin pour faire voir que le mémoire qu'il vous a présenté, suivant le rapport de M. Jde Fournerie, étoit fondé, Ce dernier nous dit en bonne compagnie (M. Savournin y étoit), que cet ingénieur avoit déclaré que ce siège ne pouvoit réussir avec l'artillerie et les munitions que nous avions, que d’ailleurs on ne pouvoit ouvrir la tranchée devant Québec, que tout étoit roc, et qu'il avoit fait des mémoires là-dessus.
Le parti que vous prenez de traîner en longueur, pour voir si nous ne pourrions pas recevoir du secours pour parachever l'ouvrage, est le plus honorable ; mais
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nos vivres vont s'en aller grand train, et il est à craindre que nous nous trouvions embarrassés par la suite, lorsqu'il faudra lever le siège, pour faire vivre nos garnisons des forts et faire subsister les troupes chez les habitants; car je ne compte pas, si dans quatre ou cinq jours au plus tard nous n'avons pas de navires de France, que nous n’en recevions qu'avec la paix. Si vous ne pouvez réussir, je souhaiterois qu’il arrivât une escadre angloise pour avoir un beau prétexte de lever le siège. Sans cela, c'est apprendre à l'ennemi que vous n'avez plus rien et lui faire connottre notre état.
Je crois que M. de Vaudreuil doit vous proposer de faire faire une batterie plus près, si cela est possible, avec du canon de 12 pour battre en brèche. Les canons de fonte des Trois-Rivières sont désencloués, et M. Tonancour, qui a servi d’artilleur, a fait sortir, au moyen de la poudre introduite par le bassinet, les boulets qu’on y avoit fait entrer à force.
La goélette du sieur Cadet qui est chargée de farine ne peut encore être rendue chez vous. Vous serez à même de la faire tenir sur les derrières et de ne la faire vider qu'au besoin,
Les ennemis chargent leurs frégates, comptant que vous avez assez d'artillerie et de munitions pour les prendre. Ce sont peut-être des vivres qu'ils chargent, pour que vous n’en trouviez pas tant, ou leurs effets particuliers pillés aux François.
Je vous avouerai que je compte à présent sur la paix, Il n’en seroit pas moins glorieux, et très glorieux, pour vous et pour la colonie d’avoir pris Québec, Je suis bien convaincu que vous tenterez l'impossible; mais
on ne peut le faire, Si vos batteries eussent pu être tuises d'abord plus près, cela vous auroit peut-être épargné de la poudre per une moindre charge et par moins de coups qu'il auroit fallu, Je parle peut-être de tout ceci comme un aveugle des couleurs; pardonnez-le-moi, c'est mon zèle qui m'y engage.
Vous avez besoin plus que jamais de santé, car je crois que tout ceci vous inquiète et afflige beaucoup ; personne n’y prendra plus de part que moi.
Montréal, 17 mai 1760.
Je viens de recevoir la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 15. Vous aurez vu par mes précédentes combien j'entrois dans vos peines ; il faut néanmoins bien céder à l'impossible, Je vois que vous prenez le parti de tirer en longueur le siège, Je crains fort que vous soyez obligé de le lever sans avoir reçu les secours que le munitionnaire attend; ils tardent tant, qu’il est à croire que le ministre ne les aura pas laissés partir, par des raisons d’état et de paix. Comme je n’attends que ces secours, n’y ayant pas d'apparence que la cour envoie ici d’escadre, je doute qu'ils puissent vous suffire pour achever votre besogne. Ces deux navires (car il ne doit pas en venir un plus grand nombre), n'auront que du canon de 12 à vous donner et quinze à, vingt milliers de poudre au plus; ce sera
une petite ressource, parce que vous aurez consommé pour lors la plus grande partie de vos munitions, Peutêtre que quelque autre secours inopiné vous arrivera et vous tirera d'affaire en vous faisant réussir. Le munitionnaire est bien surpris de ne pas voir arriver Canon; je ne le suis point; cela est signe de paix. La semaine prochaine confirmera mon idée, si nous n'en avons pas de nouvelles,
J'ai fait partir des farines pour votre armée jusqu’au 15 juin; il y en aura encore ici pour l’Ile-aux-Noix et le fort Lévis, à les laisser avec la garnison qu'ils ont, pour aller jusqu’à moitié juillet ou environ (sic); et, si les blessés de l'hôpital de Québec sont reversés dans ceux de Montréal et des Trois-Rivières, ils feront une furieuse brèche à ces farines,
J'ai déjà pourvu à faire lever du blé à la côte du Sud et à la rivière Chambly ; ce sont les lieux où nous pouvons en trouver encore un peu, et à l’Assomption, au nord. Il ne faut pas penser aux autres paroisses; je connois leur état et je ne leur demanderai que de nourrir les soldats qu’on leur enverra, de sorte que la levée à laquelle on travaille servira pour Jacques-Cartier, l'Ileaux-Noix et le fort Lévis. Elle ne nous mènera pas loin, s’il y a du mouvement dans ces forts,
Vous comptez, sans doute, renvoyer, lors de la levée du siège, les troupes dans les campagnes où elles étoient ; cela ne peut être autrement, Je travaille, pour moi, pour l’article des vivres, comme si nous ne devions en recevoir qu’à la paix; j'écris là-dessus au munitionnaire,
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M®* Péan a d'abord été bien sensible à 1n blessure de Monsieur son frère; mais, quand elle a été persuadée qu'elle n’étoit que légère, elle s'est consolée, le voyant par 1à à l'abri de nouveaux accidents, Elle vous remercie bien de la part que vous daignez y preudre,
Je ne peux, Monsieur, que renouveler les vœux que je fais pour votre conservation, et vous assurer que personne ne prend plus de part que moi à vos inquiétudes et aux peines que vous prenez et au chagrin que vous avez de ne pas voir réussir votre opération comme
vous le souhaiteriez; j'en suis, je vous assure, des plus afligés,
Montréal, 19 mai 1760,
Vous jugez bien à ce que je me flatte de toute ma sensibilité au désastre de notre marine; c'est ce qui nous fait le plus de tort, par ie libre passage que les frégates angloises pourront avoir ; outre que leur perte nous occasionne celle de vos munitions et des vivres, Ce sont des événements que vous ne pouviez prévenir et dont vous ne devez être mortifié qu’en qualité de bon citoyen. La levée du siège n’est point un événement inattendu comme celui-là ; la couleur du pavillon devoit en décider; et tout le monde le comptoit ainsi, Il ne s’agit plus, comme vous l'observez à M. le mar-
quis de Vaudreuil, que d’attendre la paix. Je compterai dessus, jusqu’à ce que je voie une flotte de navires marchands qui puisse fournir à l'évacuation des troupes, dans le cas qu’ils s’emparassent du Canada.
J'attendrai que MM. Landriève et Cadet m’envoient leur situation pour les vivres, pour juger de la nôtre à cit égard et de ce que nous pourrons faire en conséquence, Je pense que vous devez être dans un grand chaos et embarras. J'ai dit à M"° Péan ce que vous marquiez à M. le marquis de Vaudreuil sur Meloises. Elle vous fait mille compliments et remerciements de vos attentions.
Montréal, 24 mai 1760.
M. le marquis de Vaudreuil m’a fait part de la lettre que vous lui avez écrite du 21, Je vois que le nombre des bateaux aura bien diminué, tant par les coups de vent que par la perte que ceux qui en étoient chargés en ont faite; cela est fâcheux, Il ne nous reste que quelques charpentiers occupés à finir le second brigantin. Je compte qu'il se rendra dans le cours de la semaine prochaine à Deschambault, et je ferai faire sur-le-champ des bateaux; mais le nombre ne pourra en être considérable, faute d'ouvriers; la plus grande partie sont à l'Ile-aux-Noix ou Saint-Jean.
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Vous devez, Monsieur, avoir grand besoin de repos, Il faut que vous ayez une santé des plus parfaites pour avoir pu y tenir,
Votre armée doit avoir bien souffert de la faim, outre la fatigue, Elle n'a point de viande; les garnisons en auront un quarteron, à ce que le munitionnaire me marque; il s’agit néanmoins de prolonger notre subsistance jusqu'à la nouvelle récolte: et cela ne pourra se faire qu’autant que nous n’aurons pas de fortes garnisons, Il n’y a plus de secours à attendre de la part de la France; il faut prendre son parti là-dessus. J’agis en conséquence pour faire ramasser du blé. Ce qu'il y a de sûr, c’est que vous êtes dans le dessein de défendre le pays pied à pied, et moi de vous faire fournir de quoi vivre; et nous vivrons, quelque chose qu’il arrive,
J'espère que vous êtes au moment de revenir. Ce sera avec un grand plaisir que je vous renouvellerai les assurances du plus respectueux attachement avec lequel j'ai l'honneur d’être, etc.
A bord de la Fanny, le 28 septembre 1760, à la rade de Batiscan.
Nous sommes mouillés ici depuis lundi, et il n’y a Pas apparence que les vents qui nous retiennent veuillent changer. Ce retardement est fâcheux par rapport aux troupes qui sont les unes sur les autres