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| Nous avons seize cents hommes, y compris une com-
| pagnie de grenadiers, depuis Québec jusqu’à Jacques- Cartier ; le plus fort est à la Pointe-aux-Trembles,
Je vous souhaite, Monsieur, une parfaite santé ;
vous en avez besoin, surtout après le séjour que vous
avez fait au Sault, Accordez-moi, je vous supplie, un
peu de part dans votre souvenir, Bicor.
P, S.— Si vous avez oublié quelque chose ici, honorezmoi de vos ordres.
| Un pot-à-feu mit le feu hier dans le quartier de || M"° Péan, il n’y eut heureusement qu’une maison (| | de brûlée; on abattit sur-le-champ les couvertures | voisines,
M. de Vaudreuil doit vous avoir prié de faire donner du monde pour battre. Comment notre armée pourroitelle vivre, si, aussitôt le blé coupé, nous ne recevions pas la farine, que nous mangerons sans être blutée. Il hésitoit; mais je lui ai fait voir que l’armée étoit perdue sans ce secours au 20 ou 25 septembre. Il a écrit en conséquence à M. de Rigaud.
Du 17 [août 1759].
I1 vient de nous arriver trois déserteurs du camp de la Pointe-de-Lévis. Ils disent qu’ils doivent s’en aller sous trois semaines, si la jonction ne se fait pas; il s’agit donc de tenir bien ce temps-là ;
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Qu'ils brûlent les maisons de cette paroisse et fauchent le blé qu'ils brûlent; s'ils vouloient ne pas s’y prendre autrement pour le blé, ils ne nous feroient pas grand mal ;
Qu'ils perdent treize cents hommes depuis qu’ils sont ici, tant tués que blessés ;
Qu'ils ont tant de malades qu'ils ne savent où les mettre ;
Qu'ils désespèrent de prendre Québec.
Ces gens-là nous donnent du couleur de rose,
26 août 1759,
Vous devez savoir à présent que les Abénaquis de Saint-François nous ont mené sept Loups et deux officiers anglois qui vouloient percer à l’armée de Wolfe, Vous pensez bien que les instructions secrètes de M. Amherst n'ont été données que verbalement à ces officiers; aussi, ne leur a-t-on pris qu’une instruction de M. Amherst pour engager les Abénaquis d’être tranquilles ; qu’il seroit leur protecteur dans ce pays-ci, et autres verbiages. On n’a donc trouvé que deux boîtes de fer-blanc, où il y avoit des lettres de plusieurs officiers de l’armée de M. Amherst à des colonels et autres officiers de celle de M. Wolfe.
Il paroît par ces lettres que l’armée de M. Amherst pense que nous sommes retirés à Saint-Jean, où vrai-
il 50 LETTRES DE L’'INTENDANT BIGOT
semblablement, disent-ils, nous les attendrons ; qu'on ignore encore si cette armée poursuivra; que cela dépendra du succès de M. Wolfe.
D’autres lettres disent qu’on croit M. Wolfe paisible possesseur de Québec, et que les officiers des deux armées boiront de bon vin françois ensemble à Montréal sous peu de temps.
Mais il paroît par les lettres qu’on ignoroit le 8 de ce mois à l’armée d’Amherst notre position à l’Ile-aux- Noix ; il n’en est fait nulle mention, non plus que des Rapides, comme si cette route n'existoit pas. Ils parlent néanmoins beaucoup de Niagara, dont ils font le détail comme d’une grande victoire, ayant totalement défait quinze cents hommes qui venoient pour secourir la place,
M. Abercromby, aide de camp, écrivit dernièrement au major Grant que son élargissement toit prochain, qu'il le verroit bientôt, et il marqua à M. de Bougainville de lui tenir du vin de Champagne prêt et une jolie Canadienne ; qu’il le verroit au premier jour,
Je ne compte pas que cela soit pour cette année, puisque le 8 août, Amherst ignoroit notre position à l'Ile-aux-Noix. Je croirois aussi volontiers qu'ils ne viendront pas par les Rapides, et que cela vous mettra à même de faire forcer le battage du blé pour faire subsister notre armée, qui, au 10 septembre, sera sans : pain. Nous devions d’abord en avoir jusqu’au 2 octobre, ensuite au 20 septembre, et enfin au 10, Les sauvages et autres fausses consommations sont cause de cette diminution, Je presse beaucoup M. Martel,